Pendant ce temps, près de Kobe.
Le soldat impérial tomba à genoux, et cracha sur le sol quelques gouttes de sang. La sueur qui coulait de son front lui irritait les yeux, et les menottes trop serrées lui saignaient les poignets. Il leva la tête et regarda une nouvelle fois son bourreau.
C'était un jeune lieutenant impérial, dégageant une nauséabonde arrogance. Celui s'essuya les mains puis alla chercher une chaise de bois sombre qu'il posa devant le soldat agenouillé. Il s'assit, tira une petite cigarette de sa poche qu'il alluma d'un geste rapide de son briquet. Il resta là à en savourer le fumet puis, en plongeant son regard d'acier dans les yeux de sa victime, commença :
- Bien. Es-tu mieux disposer à répondre à mes questions ?
Pour seule réponse le soldat afficha un rictus moqueur tout en soutenant le regard de l'officier.
- Me tenir tête ne te mènera à rien sinon à faire durer ta douleur. Crois-tu que je vais me salir les mains encore longtemps ?
Il désigna de la tête un petit établi à droite de la pièce. Sur celui-ci se trouvaient divers outils de bricolage classiques, tournevis, pinces, fer à souder...
- Tu n'as pas idée de ce que l'on peut faire avec tous ces petits outils, reprit-il avec un sourire mauvais. Maintenant dis-moi, quels étaient tes ordres de mission ? Que t'a demandé de faire cette ordure de général Rage ?
- Il m'a demandé...
- Oui ?
- Il m'a demandé de te pisser à la raie, lança le soldat en éclatant de rire.
L'officier le fusilla du regard et d'un geste rapide écrasa sa cigarette sur l'épaule nue du soldat. Ce dernier sera les dents en contenant un cri de douleur alors que sa peau brûlait. La sueur coula de plus belle sur son visage, avant de venir humidifier le sol grisâtre de la pièce.
- Il n'y a pas de honte à crier de douleur...siffla l'officier. Ce que tu fais tous les jours est bien plus honteux.
- Je...je lutte pour notre pays. Voilà ce que je fais chaque jour.
L'officier se leva brusquement et fit voler la chaise d'un puissant coup de pied. Il s'approcha du pauvre soldat et le saisit pas sa veste, le forçant à se relever.
- Ce que tu fais c'est obéir aux ordres d'un bâtard étranger ! Ce fumier de Rage n'est pas un officier de notre armée ! Hurla-t-il avant de laisser retomber sa victime au sol. Je ne comprends pas que l'Empereur l'ai accepté parmi nous. Pas plus que je ne comprends la présence puante de ces Dark et Kilian...Je préfère encore voir nos hommes tués au combat plutôt que de suivre ces ennemis du Japon.
- Le général Rage a confiance...a confiance en notre pays. Tout comme le haut commandement a confiance en lui...tenta d'expliquer le guerrier impérial
- Foutaises ! Mais ce n'est pas si grave...une fois privé de certaines troupes, Rage disparaîtra comme la neige face au soleil levant.
- Comment...Cela ?
L'officier se tourna vers le soldat meurtri et reprit.
- Je peux te le dire, vu que tu ne pourras pas le répéter. J'ai contacté un officier soviétique du nom de Sergeï Gama, et je lui ai donné les coordonées d'une base des Combattants de l'Aube sur une île en mer de Chine. Lorsque les Russes auront écrasés ces troupes commandées par le lieutenant Kubayashi, le général Rage sera suffisamment affaibli pour que la confiance du haut commandement s'évapore.
Il éclata d'un rire gras et tapant dans ses mains. Le soldat, prostré lança d'un ton cinglant:
- Et après ça vous parlerez de trahison nationale...
- Je ne fais qu'utiliser un atout pour éliminer une tumeur qui gangrène notre Nation ! siffla l'officier en reprenant soudainement son sérieux.
- Et vous croyez que vos actions resterons invisibles aux yeux de l'Empereur ?
- Personne ne saura rien de tout cela...Bon, réponds maintenant. Quelle était ta mission ici ?
Le soldat éclata de rire et, en fixant son bourreau, commença:
- Je suis venu ici afin de contacter un agent important des Combattants de l'Aube afin de lui transmettre des ordres.
- Quels ordres ? En rapport à quoi ?
- Rapport à...
- Oui ? S'impatienta l'officer
- Rapport à ton cul, lança le guerrier impérial en explosant de rire.
Furieux, l'officier lui décocha un direct qui le fit tomber au sol, alors qu'une nouvelle giclée de sang lui sorti de la bouche. Le jeune bourreau se dirigea vers la table et alluma le fer à souder pour le faire chauffer.
- Je pense que ça va t'aider à comprendre qu'il vaut mieux que tu parle. Lança-t-il
- Vous...vous pouvez toujours vous amusez à me torturer, ça ne changera rien.
- Peut-être, mais ça va me passer le temps.
La minutes passèrent, le silence de la nuit n'était rompu que par les quinte de toux du soldat impérial enfermé dans cette cabane, transformée en salle d'interrogatoire. A l'intérieur, posé sur la table, le fer à souder fumait.
- Il est suffisamment chaud, lança l'officier d'un ton grinçant.
Il se dirigea vers la table et s'empara du fer après l'avoir préalablement débranché. Il se tourna vers son prisonnier.
- Tu tremble. Surement à cause du froid. Ne t'inquiète pas traître, ce petit appareil va te réchauffer.
Il s'approcha du guerrier impérial, et commença à faire tourner le fer autour du visage de ce dernier sans le toucher. Un sourire sadique illuminait son faciès de jeune homme prétentieux.
Soudain il s'arrêta et fronça les sourcils. Une lumière rouge intense venait de le frapper à l'oeil gauche. Il tourna la tête vers la fenêtre et plissa les yeux, lesquels étient maintenant emplis d'angoisse...
A travers la lunette de son arme, Sarah vit éclater la tête du jeune officier en même temps que la fenêtre. Le corps s'écrasa sur le plancher de la pièce sous les rires nerveux du soldat impérial. Celui lança joyeusement:
- Je t'avais dis que c'était rapport à toi...
La porte s'ouvrit en fracas et deux gardes impériaux, sous les ordres de l'officier qui venait d'être abattu, firent irruption alertés par le bruit de verre brisé.
Sarah visa avec dextérité le premier d'entre eux et le tua d'une balle en pleine poitrine. Elle pointa instantanément le canon de son arme vers le second soldat, auquel elle brûla la cervelle sans que celui-ci n'eut le temps de réagir.
Elle scanna les alentours grâce à son système thermique puis, voyant que seul restait le soldat prisonnier, se dirigea vers la cabane. Elle y entra en dégageant le passage des encombrants cadavres. Elle se tourna vers le prisonnier épuisé et meurtri et l'aida à se relever.
- Juste à temps, chuchota-t-il entre deux toussotements
- Je n'aurais pas pu faire plus vite, lança Sarah d'une voix claire. Sache que parmi les ordres que tu m'as apporté j'avais celui de te secourir si tu venais à être capturé. Je vais te ramener à Tokyo, le soleil devrait bientôt se lever et le général Rage souhaite te parler dans les plus brefs délais.
Ils sortirent de la cabane, le soldat prenant appui sur Sarah. Il regarda la jeune femme rousse.
- Agent Morison, l'Empire...l'Empire a...
- Oui, qu'y a-t-il ?
- L'Empire a été trahi...