"Ah, elle est belle notre époque, post Moyen-Orient, post pic pétrolier, post tout et n'importe quoi." Ecran de chargement du menu principal de FFOW.
Introduction ingame :
Introduction scénaristique : http://www.youtube.com/watch?v=0gNGml8lV-A
Un scénario classique mais efficace
FFOW ne s'encombre pas d'une trame très alambiquée, à savoir une "guerre du pétrole" avec des relents de "guerre froide réchauffée". Trame donc très proche de celle d'End War, mais pas copié-collée : le jeu de stratégie parrainé par Tom Clancy est sorti à peu près un an après notre FPS.
Bref, on sent venir le prétexte à deux balles briefé en trente secondes au début de la campagne pour déverser des hectolitres de sang. Après tout, les scénarios du genre tenant sur une feuille de PQ sont légion.
Mais franchement, FFOW m'a agréablement surpris. Le jeu ne lésine pas sur les paysages désolés et grandioses à la fois, les fans de paysages dévastés comme la série Tibérium nous en avait fournis apprécieront. Les artworks vont aussi dans ce sens. Entre chaque mission, une séquence "diaporama" de chargement (comme celles de World in Conflict) nous plonge un peu plus dans l'ambiance, entre les mouvements de l'escouade et le plongeon progressif dans le chaos du monde, y compris les terres natales des soldats.
Exemple d'artwork : http://forum.i3d.net/attachments/main-frontlines/16016d1207670156-i3d-net-net-exclusive-unique-frontlines-fuel-war-concept-art-ffow_cosmodrone.jpg
Maintenant, rideau.
Tout le monde le savait. Mais personne ne voulait le croire. Tôt ou tard, le pétrole s'épuiserait. Et c'est ce qui est arrivé. Beaucoup plus vite que prévu.
Déjà, les années 1990 virent l'or noir se raréfier. Jusqu'à devenir un problème de sécurité mondiale dans les années 2000. Pour y répondre, la Chine et la Russie fondèrent en 2001 l'Organisation de Shanghai pour la Coopération, pacte énergétique et militaire démontrant le rapprochement inéluctable de ces deux questions capitales.
Le monde sombra lentement. Pire encore, il ne réagit pas. Pourquoi ? C'est facile à expliquer. Prenez une grenouille et jetez-la dans l'eau bouillante : elle en sortira aussitôt (comme notre monde le fit pour les chocs pétroliers). Mettez-là dans l'eau tiède et montez lentement la température : elle mourra avant d'avoir compris que ça chauffe de plus en plus. Naïvement, on croyait que des chimères comme l'énergie solaire, des biocarburants ou les réacteurs nucléaires sauveraient tout le monde. Mais elles se firent attendre. Plus que de raison.
Entre temps, la Russie et la Chine resserraient de plus en plus leurs liens. D'autres pays rejoignaient l'OSC, que ce soit de plein gré, ou par la force des manœuvres militaires conjointes de plus en plus fréquentes. L'Organisation commençait à viser les dernières régions pétrolifères. La collusion des armées se renforça dans ces nouveaux efforts, le manque d'énergie rendit l'Organisation vitale pour ses membres. La fusion s'accélérait. Jusqu'au point de non-retour : l'OSC disparaît en 2015 pour laisser place à l'immense Alliance de l'Étoile Rouge.
L'Occident n'allait bien entendu pas laisser cette menace aux relents communistes s'emparer de ce qui allait sûrement devenir les dernières réserves mondiales de pétrole. Ses leaders, venus d'Amérique, d'Europe et du Moyen-Orient, se rapprochèrent, et finirent par donner l'ordre à leurs états-majors respectifs de former la Coalition Occidentale, évolution directe de l'OTAN.
Le face-à-face prit rapidement l'allure d'une deuxième Guerre Froide, ouverte sur un nouveau monde, modifié par les opérations militaires de l'Étoile Rouge et les concessions de la Coalition.. Mais cette fois-ci, elle avait un épicentre : la mer Caspienne, réceptacle des dernières réserves mondiales de pétroles. La situation s'envenima jusqu'à basculer en 2024, où se déroule l'action du jeu.
Le gameplay : un mélange improbable de Battlefield et World in Conflict
La campagne est très originale, non seulement grâce à son scénario valable mais aussi un élément presque perturbant. Alors qu'une campagne Battlefield est tout ce qu'il y a de plus "Callofesque", FFOW fait le choix d'exporter le multijoueur dans la campagne. Les gameplay solo et multijoueur sont donc rigoureusement identiques.
Donc, quel est ce gameplay omnipotent ? Le nom de cette partie vous en donne une bonne idée : c'est un vrai mélange.
Tout comme dans la série des BF, vous pourrez incarner des classes d'infanterie comme Assaut, Antichar ou Soutien via un menu de sélection ne laissant aucun doute sur la paternité du concept. Tout comme dans BF, vous pourrez aussi vous amuser avec des transports légers, blindés, des chars d'assauts, des hélicoptères ou même des chasseurs. Les décors sont partiellement destructibles (bon OK c'est vraiment léger parfois) comme dans Bad Compagny premier du nom. Au contact, retrouvez la joie du couteau en poutrant vos ennemis en un coup... sauf que vous n'avez pas de couteau. Comment alors ? Un bon coup de crosse dans la gueule (oui je sais one shot avec ça c'est un peu cheap mais c'est comme ça). Ça marche même avec un bazooka.Voilà pour le côté BF.
Et ensuite, quel est l'objectif ? C'est là que ça tourne au WiC. Plus exactement au mode Guerre Totale de WiC. Car comme le nom du jeu et son introduction l'indiquent, la ligne de front est au cœur du gameplay. Et comment la faire reculer ? En prenant des positions ressemblant aux bons vieux Périmètres, que vous devrez tous contrôler à la fois pour faire apparaître une nouvelle ligne de front, plus loin chez l'ennemi, avec de nouveaux Périmètres à prendre dans la joie et les hectolitres de sang. Voilà pour la touche WiC.
Mais, rien de nouveau dans ce gameplay ? Si tout de même. Une petite touche, presque insignifiante. Mais si fun. Les drones.
Mes p'tits chouchous : les drones
Eh oui, ce n'est pas pour rien qu'il y a un drone dans l'introduction : c'est vraiment le côté unique de FFOW. Alors, comment ça marche ces trucs ?
Dans la campagne, ils seront posés là où vous en aurez besoin. Vous les prenez et ils intègrent votre arsenal comme une arme.
Quand vous sélectionnez l'emplacement correspondant de votre drone, il vous suffit de cliquer pour le déployez. Vous passez alors en contrôle du drone, votre soldat d'origine restant accroupi là où il était contrôleur à la main. Là, vous pouvez faire un carnage avec l'armement fourni (mais aux munitions limitées, comme pour toutes les armes d'ailleurs), observer les lignes ennemies avant de foncer dedans, tout en évitant les tirs ennemis, selon le drone utilisé.
Mais il y a bien sûr une limite aux drones. Leur autonomie ? Non. Elle est virtuellement infinie. Il s'agit de leur rayon d'action : au fur et à mesure que vous vous éloignez du soldat d'origine, la puissance du signal chute considérablement. Alors, inutiles une fois la limite du "signal zéro" franchie ? Non. Car ils sont réutilisables !
En effet, vous pouvez laisser votre drone là où il est pour revenir à votre soldat d'origine, que ce soit pour vous rapprocher pour augmenter la force du signal, ou meuler la face à un idiot pensant faire de même avec vous. Le drone reste passif, ne bouge pas, et est donc à découvert.
Vous ne voulez pas risquer votre bébé à rester immobile ? Vous pouvez le récupérer pour le réutiliser. Une fois que vous être juste à côté, vous pouvez le ramasser et retour à la case départ.
Catalogue des drones !
DRONE CHASSEUR MQ38 (RECONNAISSANCE AÉRIENNE / KAMIKAZE, COALITION)
Un drone aérien conçu spécifiquement pour la reconnaissance. Ses deux rotors orientables en font le drone aérien le plus maniable de tous. Il ne peut pas appeler de frappe d'artillerie comme le suggère l'introduction, mais peut faire du dégât à sa manière et faisant exploser sa charge explosive. Elle est très puissante, mais n'est pas pour autant la raison d'être du drone. Mieux vaut le garder et avoir l'ennemi à l'oeil que le gaspiller pour quelques frags. Mais je l'admets, jouer au terroriste est si fun.
DRONE D'ASSAUT AQ431 (ASSAUT BLINDE GATTLING, COALITION)
Mon petit préféré, avec un bon design et surtout une grosse Gattling. Ne vous fiez pas à son air mignon, c'est une arme dévastatrice, le canon faisant un vrai carnage. Attaquant un avant-poste, j'ai sursauté une simple rafale a fait tomber toutes les toiles et pulvérisé la mitrailleuse fixe blindée qui m'avait fait envoyer le drone à ma place. Ne l'oubliez pas : il est VRAIMENT puissant.
DRONE MORTIER AQ432 (ASSAUT BLINDE MORTIERS, COALITION)
Encore plus bourrin qu'une Gattling sur ce châssis ? Oui, c'est possible. Des mortiers. Quatre plus précisément. 60 mm chacun. Inutile de dire que les blindés et l'infanterie en position fortifiée ne feront pas long feu face à ça.
DRONE D'ASSAUT TR1 COURSE DU TIGRE (ASSAUT KAMIKAZE ANTICHAR, ÉTOILE ROUGE)
Il ne ressemble qu'à un jouet radiocommandé (chinois justement). Mais c'est peut-être la plus puissante arme antichar du jeu. Je m'explique. Dans Alerte Rouge 2 et 3, les Soviétiques ont le Drone de Terreur pour décimer les blindés adverses... dans FFOW, l'Etoile Rouge a ce petit monstre. Tout comme son alter ego de CnC, il fonce vers sa cible, comptant sur sa rapidité pour esquiver les tirs ennemis. Mais au lieu de rentrer en son sein, il va dessous grâce à son profil plat, entre les roues ou ses chenilles de la cible. Et là... BOUM !!! Il fait exploser sa charge explosive dorsale. Sadique comme concept, non ? C'est le drone qui m'a le plus marqué.
DRONE DE RECONNAISSANCE TE1 Å’IL DU TIGRE
Cette version à peine modifiée d'un jouet radiocommandé civil occupe exactement le même rôle que son équivalent occidental, le drone chasseur MQ38. Il effectue la reconnaissance et peut utiliser une charge de démolition pour des moments du plus bel effet alqaidaesque. La même chose quoi.
DRONE D'ATTAQUE TC1 GRIFFE DU TIGRE
Une fois doté de rotors coaxiaux à la Kamov, le drone peut emporter six petits lance-roquettes (et un peu moins de trente roquettes). Idéal pour ne laisser aucun répit à l'infanterie et aux véhicules légers, bien que la visée ne soit pas aisée à cause du fait que les roquettes ne puissent pas arquer leur trajectoire et que l'engin est moins maniable que le MQ38.
La touche graphique du jeu : à futur proche équipement proche
Tous les véhicules du jeu ressemblent fortement à des véhicules actuels "futurisés", ainsi on trouve "le Humvee du futur", "l'Abrams du futur", "le BTR du futur", "le Bradley du futur"... et même notre bon vieux Comanche, mais qui aura un challenger : "le Ka-50 du futur". Quoi, je suis lourd ?
Un artwork du char lourd de la Coalition confirme cette impression, puisque que ce char qui ressemble énormément au M1 (M1A1 diront les pointilleux) n'a pas la prétention d'affirmer que c'est un char différent, mais dit bien que c'est le M1A3 : http://img1.livegen.fr/00/00/01/68/0000016866.jpg
Le style du fantassin est un peu travaillé, son élément déterminant étant ce fameux écran de vision augmentée sur un œil, bleu ou rouge selon la faction.
Bande-son
Thème du menu, pas mal :
Thème principal, Closer to Home, pas terrible mais connu :
De là vous pouvez écouter d'autres pistes. Certaines sont bonnes. D'autres non. Ingame, ça colle plutôt bien quand même.
Les défauts du jeu
Le jeu en a beaucoup, c'est pas pour rien qu'il est toujours resté à son statut d'outsider.
Premier défaut, le plus gros de tous. Ce n'est pas ce qu'il y a de mieux en FPS. Inutile d'espérer de rivaliser avec CoD ou BF : pour cet outsider, c'est impossible. Par conséquent, tout vrai fan d'FPS n'accrochera pas vraiment à FFOW. Mais ce n'est pas un problème pour un joueur occasionel de FPS comme moi, vrai nOOb du combat et allergique à CoD et l'absence de teamwork.
Second défaut, la jouabilité des véhicules. Elle est tout simplement nulle... vous avez le choix entre la vue canon de BF et la vue troisième personne style Renegade. Seul problème : en première personne, aucun indicateur à la BF pour vous montrer comment est orientée la caisse du char ! Deuxième problème : votre viseur est minable, vous ne pouvez presque pas viser avec. Du coup, dilemne : arriver à viser en vue canon ou à manœuvrer en troisième personne ? En tous cas, les deux à la fois sont impossibles. D'autant plus que quand vous tourner la caisse du char, la tourelle tourne aussi ! Et de trois !
Troisième défaut s'attaquant à la crédibilité du jeu. Les speeches du Commandant, omniprésent, sont peu crédibles. Trop théâtraux ! Il nous affirme que 90% de notre division est éliminée et pourtant on bouffe l'ennemi sans problème. On a détruit 3 chars et 3 jeeps (et massacré de la vermine) et il nous sort qu'on a renversé le cours de a guerre. C'est ridicule.
Quatrième défaut : une durée de vie courte. 8 missions. OK elles sont longues, même parfois très longues. Mais ça se plie rapidement.
En bref : ce jeu ne sera pas terrible pour les joueurs habitués aux FPS, mais constitue une bonne alternative pour le joueur allergique à CoD et franchement mauvais sur BF. Il est disponible en Hits Collection, donc on peut l'acheter sans se poser beaucoup de questions. Et même, il n'y a pas que le jeu lui-même qui est intéressant.