Depuis le pont principal du Toyotomi Darkhand et Killian scrutaient fièrement l'océan. Autour d'eux l'équipage était calme et silencieux comme à son habitude, chacun penché sur son travail. Le “ bip ” régulier des sonars et des radars troublaient le calme serein qui emplissait le vaisseau dont les moteurs silencieux faisaient vibrer la coque.
Majestueux, le Toyotomo fonçait en direction de la côte russe, escortés par quelques croiseurs Naginata, trois autres Shoguns et un nombre incalculable de mini sous-marin. Cette flotte était également composée de fulguro-transporteur chargés d'infanterie, laquelle aurait pour mission de prendre d'assaut la plage une fois le barrage d'artillerie effectué.
La mission de ces troupes impériale était simple et se décomposait en plusieurs objectifs:
1)Détruire les centrales côtières repérées par satellites pour désactiver les Bobines Tesla
2)Débarquer et traverser la plage sous couvert du feu impérial
3)Lancer un assaut rapide sur les installations soviétiques
4)Secourir les agents Sakamoto et Alexeïeva
5)Faire un maximum de dégats avant de partir
Les officiers Killian et Darkhand avait reçu un ordre crypté qui stipulait qu'en cas d'assaut décisif, ils avaient l'autorisation d'établir une base sur le territoire russe. Néanmoins vu le risque que cela représentait, cet ordre ne devait être appliqué qu'une fois la situation clairement analysée comme favorable.
- Est-ce la première fois que tu monte sur le pont d'un Shogun, Dark ? Commença Killian sans quitter l'océan des yeux
- Oui. D'ordinaire je suis sur la terre ferme, et l'implantation de ma base navale n'avait pas nécessité une escorte de cuirassés. C'est très...impressionnant.
- Tu as raison, je suis toujours aussi fier d'être ici, à diriger ce qui est surement le plus magnifique vaisseau du monde.
- Ne m'avais-tu pas dis une chose semblable lorsque l'Union avait envisagé la possibilité de te confier le commandement d'un Dreadnought ?
Killian fronça les sourcils, irrité par cette remarque. Il se gratta le menton, comme s'il était en train de réfléchir à la façon de répondre. Il se tourna vers son vieil ami et décida de rester calme.
- C'est possible...je ne me souviens pas. Il y a plusieurs moment dans notre vie où nous avons raison d'être fiers et ma passion pour les navires de guerre dépasse les notions d'ennemis. Le Dreadnought bien que mastoc est également un navire majestueux, et oui j'aurais été fier d'en commander un.
Il se fit craquer la nuque dans un rictus et reprit la parole.
- Vois-tu, aujourd'hui est l'ultime consécration de ma carrière: je suis commandant d'une admirable flotte de guerre.
- Je ne goûte pas encore à ta joie. Pour le moment je n'ai eus qu'un mission ennuyeuse de surveillance en haute mer.
- Le haut commandement a ses raisons. Si tu devais rester à surveiller ce périmètre c'est qu'il le fallait.
- Tu as changé quelque peu; je me rappelle de toi à l'époque où tu étais une tête brûlée qui n'aurait pas hésité à contester les ordres.
- Les hommes comme les Nations changent et évoluent. Peut-être est-ce le cadre je ne sais pas, mais j'éprouve le besoin de suivre les ordres impériaux sans poser de question. J'ai foi en notre lutte, chose que je n'avais jamais vraiment eus du temps de l'Union.
Killian reposa son regard sur l'océan, à l'horizon les côtes russe apparaissaient. Darkhand de son côté semblait quelques peu nerveux.
- Il y a quelque chose qui ne va pas, pensa-t-il.
Il retira son couvre-chef et se passa la main dans les cheveux, l'air absent.
- Tout ça est trop simple...
- Tu as l'air soucieux, déclara Killian
- Je trouve que nous avons beaucoup d'information, continua de penser Darkhand sans se soucier de l'intervention de son ami.
- Tu m'entends ?
- L'enlèvement...le lieu...Que ? Oh pardon, j'étais en train de m'interroger.
- Et à quel propos mon ami ?
-Je me disais que toutes les informations que nous possédons tombent un peu trop bien.
- Tsss, c'est surtout que pour une fois les renseignements ont réussi à nous renseigner ! Siffla Killian la mine sombre.
- Peut-être...Mais je ne suis pas tranquille.
Dans son bureau de Moscou, Martinov comme à son habitude regardait par la fenêtre, un verre à la main. Derrière lui, un scientifique patientait assis au bureau, une chemise de feuillets posés devant lui.
L'homme visiblement nerveux, passait sous temps à remonter ses lunettes sur son nez proéminent.
Il regarda un instant une figurine d'ours et la poussa du doigt.
Martinovs vida son verre et vint s'assoir en face de l'homme en blouse blanche, lequel continuait d'inspecter l'ours de bronze.
- Arrêtez de jouer avec ça ! Grinça Martinov agacé, et passez-moi les feuilles de calculs.
Le scientifique semblait quelque peu ailleurs, et n'entendait le général qu'à demi-mots.
- Tout de suite ! Tonna ce dernier
- Oh...euh je les ai déjà effectué. Voilà ! Fit le scientifique en tendant les documents avant de remettre ses lunettes en place.
Marinov inspecta les feuilles pleines de formules mathématiques et en survola le contenu. Son regard courait sur les documents à une vitesse folle, à tel point qu'on était en droit de se demander s'il pouvait réussir à assimiler quelque chose. Une fois sa lecture terminée, il posa le dossier devant lui.
Il se saisit d'une montre-gousset suspendue à l'oreille de l'ours de bronze et la remonta.
- Je me demande s'il va pleuvoir...grommela-t-il.
- Et...et pour les calculs, monsieur ?
- Tout semble en ordre. Avez-vous procéder aux derniers tests de simulation ?
- Oui, selon vos ordres notre bombe Vacuum à implosion est prête au déploiement.
- Excellent ! Cette arme scellera la tombe de nos ennemis et fera briller le soleil du renouveau de la puissance soviétique.
Martinov posa ses yeux acier sur le scientifique qui remettait une nouvelle fois ses lunettes.
- Veuillez me laisser professeur.
- Bien...bien monsieur.
L'homme se leva et d'un pas hésitant se dirigea vers la porte capitonnée qu'il ouvrit.
- Professeur Zelinski ! L'interrompit Martinov. Ceci est confidentiel, pas un mot à quiconque, suis-je clair ?
- Oui monsieur. D'ailleurs je ne me souviens même plus pourquoi je suis venu.
Le scientifique se retira et Martinov se tourna vers l'écran de son ordinateur. Il appuya sur une touche et patienta. Le visage d'un homme apparu, rond et déjà âgé.
- Camarade général ! Je me languissais de vos nouvelles. Commença l'homme.
- Secrétaire Cherdenko, répondit Martinov dans un léger hochement de tête, je viens vous faire mon rapport comme vous le souhaitiez.
- Faites.
- Après inspection des données et vérification des résultats de test, je vous annonce que notre bombe à implosion est prête à être déployée !
- Excellent travail général. D'après nos renseignement l'Empire s'approche d'Okhotsk comme vous le disiez, vous allez avoir l'honneur de déclencher le premier tir.
- Merci, Secrétaire général.
- Autre chose...J'ai eus vent récemment d'une information qui me laisse perplexe. Il semblerait que quelqu'un ne joue pas franc-jeu avec nous, et pour le moment de nombreux cheminents convergent vers le général Krukov. Aussi vous demanderais-je de faire preuve de vigilance et de discrétion, le général n'est pas au courant du projet V.
- Selon vos ordre, monsieur.
- Excellent ! Je vous laisse entre les mains de Dasha, elle vous dira ce qu'il y a à savoir sur l'avancée de nos ennemis...
Taka sentit la petite lame courir sur la peau de son dos nu. Son tortionnaire n'avait pas encore commencé son travail et il prenait un malin plaisir à essayer de jouer avec les nerfs de sa captive.
Ce qu'il ignorait, c'était l'entraînement que la jeune japonaise avait reçu et qui lui permettait de gérer toutes les situations avec méthode et sang froid.
Taka analysa la situation rapidement: le tortionnaire derrière elle, ses poignets attachés, la porte ouverte devant elle, un conscrit qui patrouillait et des outils de torture sur une petite table à sa gauche. Ses geôliers avaient commis trop d'erreurs pour qu'elle ne tente rien.
- Alors ma douce, caqueta le sadique, on commence par quoi ?
Taka ne répondit pas. Peu bavarde en temps normal, elle ne ferait pas le plaisir de dévoiler sa voix à son boureau.
Ce dernier fut agacé par le mutisme pesant de sa prisonnière et la retourna face à lui. Ce fut sa dernière erreur. La jeune nippone lui flanqua un coup de genou dans les bourses ce qui lui fit lâcher le couteau qui tomba sur la paillasse à terre, laquelle amortit le bruit. Avant que son tortionnaire n'ait eut le temps de hurler, elle pressa ses pouces sur sa trachée, l'écrasant autant qu'elle pouvait.
L'homme émit un petit couinement étouffé alors que sa vie s'échappait. Il tomba à terre dans un bruit sourd tandis que le conscrit en patrouille repassait devant la cellule.
Au moment il arrivait à hauteur de la petite pièce et qu'il se tournait pour la surveiller, un scalpel vint se planter dans sa gorge. Il s'effondra au sol brutalement.
Taka tira tant bien que mal le cadavre à l'intérieur de la cellule et fouilla le poches. Elle en retira les clefs, mais à cause de ses menottes il serait impossible de se les ouvrir elle-même. La jeune femme rangea les clefs dans son unique poche, récupéra à terre le couteau du tortionnaire ainsi que le pistolet automatique du conscrit.
Elle se dirigea vers le couloir et, aussi silencieusement que possible, commença à le remonter.
Soudain elle s'arrêta devant une des cellules. A l'intérieur une jeune femme rousse était prostrée et tremblotante. En la regardant on voyait qu'elle avait beaucoup pleurer et ses yeux rouges se posèrent sur Taka. Celle-ci, après un coup d'oeil dans le couloir pour vérifier l'absence de menace, s'accroupit et murmura:
- Vous êtes Natalya n'est-ce pas ?
- Qui..qui êtes...
Voyant qu'elle ne s'était pas trompée, Taka chercha la bonne clef pour ouvrir la porte de la cellule. Quand se fut fait elle pénétra à l'intérieur et se pencha devant Natalya.
- Je suis un agent du général Rage. Mais nous n'avons pas le temps de parler. Vous pouvez vous lever ?
- Je..crois que
- Alerte ! Alerte ! se mit à hurler une voix dans un haut-parleur. Troupes impériales repérées ! Flotte ennemie en approche !
Une sirène tonitruante se déclencha et on entendit les soldats russes se mettre sur le pied de guerre.
Taka regarda Natalya et siffla:
- Notre général ne nous a pas abandonné. Aidez-moi à enlever ces menottes et filons !
Natalya se redressa avec difficulté, affaiblie par les interrogatoires. Mais il fallait qu'elle avance pour s'en sortir.