Vous pourrez lire et commenter sur ce sujet la campagne "définitive" que j'ai imaginé pour la 7th Support Division. Elle sera complètement différente de celle que j'avais commencé à écrire il y a quelque mois, car elle incluera bien plus de passages narratifs - au détriment des missions elles-mêmes. Le scénario de la campagne a en effet pris plus d'importance à mes yeux que la fan-armée que je constituerai en parallèle.
Le prologue et l'acte I ne sont pas les passages que je trouve les plus intéressants à écrire, mais le schéma global de la campagne m'oblige à passer par là. Je vous souhaite en tous cas une agréable lecture et j'espère vous retrouver dans les posts suivants.
- Cyann
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PROLOGUE
ReykjavÃk, Islande, zone bleue B-1.
Le lieutenant Cyann fut tiré de sa torpeur par une rafale de vent glacé. Il rajusta précipitamment sa chapka d´un geste qui, après deux mois de service en Islande, était devenu un réflexe.
Il se souvenait encore des expressions horrifiées des hommes de son 4ème régiment d´artillerie mécanisée lorsqu´ils avaient appris où ils devraient passer leurs six prochains mois de garnison en zone bleue. Lui, cela le ne l´avait pas vraiment dérangé : l´Islande n´était rien en comparaison de Norilsk, où il avait passé presque un an. Un reliquat de l´ère soviétique, construit par les déportés du goulag, dont l´état-major admettait lui-même n´avoir qu´une seule envie, s´en retirer au plus vite : la contamination par le tibérium avait achevé de rendre inhabitable une région déjà soumise au froid arctique et mutilée par la pollution. Mais les besoins en métaux lourds des nations du GDI ne cessaient d´augmenter, les forçant à maintenir une présence militaire dans la région malgré l´expansion de la zone jaune sibérienne. Depuis, Norilsk était devenue une sorte de “ croque-mitaine ” pour les soldats de la zone B-1, et faisait l´objet de nombreuses plaisanteries du genre : “ On en a déjà envoyés à Norilsk pour avoir fait ça, tu sais ”.
Une seconde bourrasque balaya les souvenirs qui commençaient à revenir à Cyann. Il pressa le pas : il était attendu au poste de commandement local pour les préparatifs des exercices du lendemain. Il le voyait déjà et deux minutes plus tard, il y entrait. Le sous-lieutenant Arnar Stefánsson, son second, l´y attendait, l´air inhabituellement anxieux.
- Lieutenant…
- Bonjour, Stefánsson... Qu'est-ce qui vous tracasse ? Un problème avec le protocole de l'entraînement?
- Non… C´est EVA qui nous a transmis la nouvelle… Une attaque sur le centre spatial Goddard. Apparemment, c´est le Nod qui en est à l´origine.
Cyann resta silencieux. Même s´il avait interrompu les hostilités depuis plusieurs années, le Nod était le seul capable d´une telle attaque. C´était donc forcément une opération ciblée. Ils savaient que de ces installations dépendait l´intégralité des systèmes de défense A-SAT du GDI… Il jeta un coup d´œil distrait à un petit écran de télévision au fond de la salle, qui diffusait en permanence la chaîne d´informations W3N. Il se glaça lorsqu´il lut :
“ Sommet de l´énergie du GDI : jour cinq à bord du GDSS Philadelphia ”
Le Philadelphia. Il serait abattu dans quelques minutes - s´il ne l´était pas déjà – avec à son bord la directrice Kinsburg, l´ensemble des membres du gouvernement et une grande partie de l´état-major. Le GDI serait alors décapité et privé de sa domination spatiale… La suite était logique. Des forces de frappe rapides avaient probablement déjà été envoyées pour faire tomber les derniers centres de commandement mondiaux. Washington DC et… Reykjavik.
- Il faut contacter le commandant Taylor, Arnar ! On devrait déjà être au niveau d´alerte maximal !
- On a déjà essayé, il est injoignable !
- Rappelez-le ! Que donnent les radars ?
- Rien ! cria un opérateur au fond de la salle, on a eu la tour de contrôle de KeflavÃk, ils ne voient même plus les signatures de leurs propres avions. On nous brouille à coup sûr !
- Lieutenant, le commandement ne répond toujours pas. Je crois que la ligne…
Un bruit strident interrompit Stefánsson : l´interface EVA venait de disparaître de tous les écrans du centre de commandement, la plongeant dans la pénombre. Le bruit ambiant des systèmes informatiques et les voix paniquées des officiers s´effacèrent aussitôt, laissant brusquement place à un silence qui ne fut interrompu qu´au bout de quelques longues secondes.
- … désolé de vous interrompre Cassandra, mais… un flash info concernant le Philadelphia…
C´était l´écran de télévision, le seul à être encore allumé dans la salle.
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Prologue - La chute
Briefing : "A toutes les unités, ici le lieutenant Cyann. Nous sommes en situation d'urgence ! Le Nod a mis hors service nos défenses orbitales et a abattu le GDSS Philadelphia. Nous communications avec l'extérieur étant brouillées, vous serez sous mes ordres directs jusqu'à leur rétablissement. Nous savons que des attaques ont été lancées contre les zones bleues, et le centre de commandement mondial de ReykjavÃk a probablement déjà été pris pour cible. Nous devons le rejoindre au plus vite pour assurer sa défense à tout prix ! Suivez les protocoles de préparation au combat en urgence, vous recevrez mes ordres dans quelques minutes. Souvenez-vous que quelque soit la situation, notre devoir reste le même. Terminé."
Objectifs principaux :
1 - Assurez la sécurité du véhicule de commandement.
2 - Limitez les pertes à moins de 50%.
3 - Sécurisez la route vers le centre de commandement mondial.
Objectifs secondaires :
1 - Limitez les pertes à moins de 25%.
2 - Abattez quatre transports aériens du Nod en route pour le nord.
Unités : Unités conventionnelles du GDI (infanterie de T1, Pitbulls, APCs, Juggernauts Mk. III)
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A quelques kilomètres au sud du centre de commandement mondial du GDI, ReykjavÃk.
La colonne de transports blindés continuait d'avancer vers le nord, avec à son arrière l'APC de commandement. A son bord se trouvaient Cyann, le sous-lieutenant Stefánsson, et trois techniciens qui essayaient sans relâche de rétablir la liaison avec les autres unités en garnison dans la ville.
- Lieutenant, on capte un signal non identifié... On dirait qu'il vient du nord.
- Vous pensez que c'est le centre de commandement qui l'a émis ? le questionna Cyann.
- Impossible de le vérifier, répondit l'opérateur, les fréquences qu'il est censé utiliser sont toujours brouillées... En tous cas, c'est un signal de détresse.
- Signal de détresse ou pas, intervint Stefánsson, la situation reste la même. Ils sont certainement en train de...
Un bruit sourd l'interrompit. Une roquette venait de toucher le véhicule, qui se renversa sur le côté. Une épaisse fumée envahit l'habitacle, où l'on ne voyait plus que la lueur rouge des diodes indiquant les sorties.
- On est touchés ! cria une voix.
Une autre lui répondit au bout de quelques secondes :
- Faut sortir d'ici, vite !
Cyann chercha de la main la poignée qui actionnait l'écoutille du dessus - maintenant sur le côté. Il hésita quand il lui sembla entendre une autre explosion au dehors, mais l'odeur âcre de la fumée le décida à l'ouvrir.
- Allez tout le monde, on sort et on se met à couvert ! cria-t-il.
Il rampa à l'extérieur dans la fumée qui s'échappait. Des tirs venaient des immeubles en face : il leur fallait se mettre à couvert de l'autre côté, derrière la carcasse de l'APC.
- Il faut aller derrière le véhicule ! Go !
Il se releva au moment où une rafale le toucha à l'abdomen. Il s'effondra aussitôt, avant de recevoir une autre balle au torse. Il ne sentait déjà plus la main qui le tirait à l'intérieur de l'APC lorsqu'il perdit connaissance.
Une lumière blanche aveugla Cyann. Il ne se demanda pas où il était : il savait ce que cette couleur signifiait. Non, au lieu de cela, il se posa la question en apparence la plus idiote qu'il aurait pu se poser :
"Mais qu'est-ce que je fais là ?"
Il était encore en vie.
Encore somnolent, il laissa ses paupières se refermer et se rendormit.
Il était à Norilsk, au milieu d'une allée enneigée bordée d'immeubles de l'époque soviétique. Il reconnut une allée où il avait l'habitude de passer son temps de permission avec ses compagnons d'armes russes. Mais cette fois-ci, il n'y avait personne sur les trottoirs et aucun véhicule ne se faisait entendre. Il était seul, au milieu de cette immensité qu'une tempête de neige commençait à couvrir d'un voile blanc. Le paysage familier disparut bientôt, le laissant marcher sans savoir dans quelle direction il allait. Il aperçut soudain, à quelques mètres de lui, une silhouette armée d'une faux. Pris de terreur, il voulut fuir, mais trébucha et tomba dans la neige. Incapable de crier, il se réveilla de nouveau.
Avec une certitude, celle d'avoir rencontré la mort.