Quelques minutes plus tôt.
Les talons aiguilles résonnaient sur le sol dallé du couloir. Malgré son allure vive, la jeune russe tentait de paraître le plus calme possible. Elle ouvrit la porte son bureau, y pénétra et s'empressa de la refermer. Elle devait agir vite, elle était découverte...elle le savait. Elle s'installa à son bureau et alluma son ordinateur qui, à son goût, était bien lent.
D'un geste rapide elle recoiffa une mèche rebelle qui lui chatouillait le nez, et ouvrit son programme de messagerie. Elle composa un code et commença à rédiger.
[ Général Rage. Les choses ne se passent plus au mieux. Les services de contre-espionnage de mon pays m'ont, semble-t-il, repérée. Je ne sais combien de temps il me reste avant qu'ils ne me neutralisent.
J'ai obtenue il y a quelques minutes une information confidentielle, et c'est ce qui m'a fait remarquer: il semblerait qu'une cellule séparatiste japonaise oeuvre de concert avec les forces russes afin de préparer une action contre votre gouvernement.
D'après ma source, un membre de votre unité répondant au nom de code “hinoiri” est en vue pour être kidnappé !
Je ne peux m'empêcher de trouver que ces informations tombent “un peu trop bien”. Soyez prudent.]
Au fur et à mesure qu'elle écrivait, un logiciel pirate codait son texte, le rendant déchiffrable que par les autorités japonaises.
Elle toussa, et se passa la main sur la gorge comme pour tenter d'arracher le noeud qui s'y trouvait. Elle se dandina légèrement sur son siège, mal à l'aise et entendit des pas rapide dans le couloir. Elle se pencha à nouveau sur l'écran et termina.
[ Je conclue mon général. J'entends qu'ils viennent pour moi. J'ai été heureuse de vous offrir mon aide.
Votre partenaire et amie,
Natalya ]
Elle envoya le message et la porte de son bureau s'ouvrit avec fracas. Deux soldats soviétiques firent irruption et la braquèrent. Elle se leva, cachant son angoisse: ils pouvaient tout à fait l'abattre sur place, elle le savait. Elle remis sa jupe, et une fois encore dégagea la mèche de cheveux roux qui la gênait, si elle devait mourir aujourd'hui au moins elle présenterait bien.
Cependant les conscrit ne firent pas feu, ils se contentaient de la tenir en joug, ce qui ne manqua pas d'ajouter de la surprise à son angoisse. Un officier fit alors son apparition dans le cadre de la porte et entra dans le bureau. C'était un homme grand et mince avec une moustache touffue qui surplombait une bouche pincée dans un sourire mauvais. Il se tenait droit comme un “I” et fixait Natalya de ses yeux couleur acier, il la dévisageait d'un regard presque malsain. Il prit une inspiration comme s'il allait se lancer dans un opéra.
- Ah ma chère Natalya. Fit-il en souriant, découvrant une rangée de dents à la blancheur douteuse, mais néanmoins parfaitement droites. Que de fil à retordre vous nous avez donné ! Vous pouvez être fière de vous.
- Que de sarcasmes général Martinov, se risqua-t-elle. Vous ne...
- Silence ! Tonna-t-il. Alors...votre message est-il bien parti ? Non ne répondez pas, bien sûr qu'il est parti...Et c'est tant mieux !
Natalya le regarda non pas surprise mais soupçonneuse. Voyant son air dubitatif, Martinov explosa de rire.
- Voyons ! Vous étiez un as dans la manche de notre ennemi, mais une carte peut changer de main vous savez !
Natalya goûtait très peu les métaphores du général Martinov, même lorsqu'ils étaient amants autrefois ces pointes d'esprit avaient tendance à l'agacer. L'officier soviétique reprit son sérieux et commença marcher à travers le bureau, les mains serrées derrière le dos, tandis que les deux soldats continuaient de pointer leurs armes sur la jeune femme russe.
- Lorsque nous avons découvert que vous n'étiez pas aussi loyale que nous le pensions, nous avons décidé de vous utiliser au mieux de nos intérêts, il suffisait juste de choisir quelles informations vous alliez transmettre à ce cher Lex.
Il s'approcha de Natalya et la gifla du revers de la main. Sous le choc la jeune femme fût obligée de se retenir à son bureau pour ne pas tomber. Elle sentait sa joue brûler, mais elle ne montra pas le moindre signe de douleur, elle ne lui ferait pas ce plaisir. Martinov se frotta la main comme s'il avait touché quelque chose de sale.
- Vous me dégoûtez, fit-il, méprisant. Et aujourd'hui vous allez devoir payer pour les vie russes que vous avez offertes aux Japonais !
Natalya, droite et fière fixait Martinov et lui lança:
- En agissant ainsi j'ai sauvé de nombreux soldats de notre peuple en...
Elle n'eut pas le temps de finir qu'une nouvelle gifle vint meurtrir sa joue déjà rouge
- Le peuple russe n'est plus “votre” peuple ! Comme une vulgaire putain vous vous êtes donnée à ces impériaux.
Il passa une main dans les cheveux de Natalya pour mieux voir son visage.
- Mais si telle est la voie que vous avez choisi...Vous ferez le bonheur de nos soldats en garnison ici après votre interrogatoire ! Reprit-il dans un ricanement froid.
Les deux conscrits ne purent retenir un sourire mauvais, ce que remarqua Natalya. La jeune femme eut néanmoins le bon sens de ne rien dire ni faire.
- M'interroger...fit-elle doucement, pourquoi ? Vous savez déjà ce que je faisais.
- Oui mais avant que nous ne le découvrions ? Éclata une nouvelle fois de rire l'officier. Vous voulez éviter l'interrogatoire c'est ça ? Ou peut-être vous retrouver plus vite dans les bras de nos hommes ?
Les deux soldats étaient maintenant au bord du rire, mais ils se retinrent, sachant que Martinov n'apprécierait pa ce manque de discipline.
Natalya quant à elle luttait pour contenir sa haine et son dégoût. Elle serra sa main posée sur le bureau pour canaliser sa colère. Une perle de sueur lui coula du front et vint se perdre sur le vernis du meuble de bois.
Martinov, d'un léger hochement de tête fit approcher un des conscrit.
- Mais si ça peut vous rassurer ma chère Natalya, vous n'èts qu'un pion sur une plus grand échiquier. Votre rôle est bientôt terminé. Lorsque vous et l'agent que nous allons capturer serez au même endroit, nous espérons bien que les troupes japonaises interviendront.
Natalya ne comprit plus. Qu'avait-il derrière la tête ?
Martinov regarda le soldat qui s'était approché et lui fit un signe de la tête.
- Le projet Vacuum va être testé grâce à cela...laissa-t-il sous-entendre
Au moment où la jeune femme comprenait, elle sentit la crosse d'une arme s'écraser contre sa tempe, puis...plus rien.
Tokyo, quartier général de Lex Rage.
- ...et il a fait comprendre qu'un mouvement rebelle s'élevait contre Sa Majesté ! Termina d'expliquer le soldat japonaise éreinté.
Sarah se tenait près de la porte, droite, glaciale et imposante. Rage, assis à son bureau semblait repasser tout le raport de son soldat dans sa tête...
- Il ne manquait plus que ça...commença-t-il enfin. Mais la trahison est monnaie courante dans les guerres.
Il regarda Sarah furtivement, laquelle fit de même, puis il se leva.
- Excellent travail soldat, allez vous reposez dans vos quartier, vous avez droit à deux jours.
- Merci mon général, lança le soldat en saluant son officier.
Il se dirigea vers la porte et au moment où il allait se pencher sur la poignée, elle s'ouvrit en coup de vent et Noriko pénétra dans la pièce en trompe, serrant fermement une feuille de papier dans sa main. Sans prendre la peine de saluer ses supérieurs, elle prit la parole.
- Mon général, je crains que je vous apporte de très mauvaises nouvelles !
Elle tendit la feuille à son supérieur avant que celui-ci ne puisse dire quoique ce soit. Surpris il récupéra la feuille et la survola rapidement.
- Nom de Dieu ! Vociféra-t-il, puis il tourna son regard vers son soldat qui souhaitait plus que tout aller se reposer. Il semblerait que ceci confirme votre rapport.
Il se tourna vers Sarah qui l'interrogeait du regard.
- Natalya va être arrêtée ! Et Taka est en danger. Agent Morison, vous venez avec moi, il faut qu'on aille la trouver chez elle. Caporal, retournez à votre poste pour voir si nous avons d'autres nouvelles.
Cela faisait beaucoup d'événements en peu de temps...Il devait agir vite pour espérer sauver ses agents.
Mais pendant ce temps, un camion transportant des commandos et l'agent Taka faisait route vers un petit port de pêche où un transport les conduiraient en Russie...