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Titre original : Braquo
Série française
Genre : Policier
Diffusion : Canal+
Créée en 2009 par Olivier Marchal :
[justify]Avant d'être acteur, puis réalisateur, Olivier Marchal a d'abord été policier à la P.J.
Ancien inspecteur de la Brigade criminelle de Versailles et de la section antiterroriste, puis chef d'une brigade de nuit au milieu des années 1980, Olivier Marchal n'en oublie pas pour autant son goût pour la comédie et il suit parallèlement des cours de théâtre au conservatoire du 10ème arrondissement à Paris.
Au milieu des années 90, il quitte définitivement son poste au sein des forces de l'ordre pour se consacrer à sa passion.
Synopsis
Suite à la condamnation injuste et au suicide de leur chef de groupe, trois flics de la PJ ont la tentation de franchir la ligne rouge. Faisant ainsi front à la machine administrative qui, par son inertie et son indifférence, a conduit leur ami jusqu'à la mort. Harcelés par l'IGS, ils tournent définitivement le dos aux règles établies et à leurs illusions ; ces trois flics adoptent un mode de vie hors norme régi par l'adrénaline, la prise de risque, les coups bas, l'argent, le sang et la mort... Chaque pas supplémentaire fait sur le territoire des voyous rend plus difficile le retour en arrière.
Les principaux personnages
Eddy Caplan (Jean-Hugues Anglade).
La quarantaine abîmée, Caplan est une ancienne figure de l'antigang, qui s'est retrouvé parachuté dans un service P.J. de banlieue suite à une altercation houleuse avec l'un de ses supérieurs. Son passage au Conseil de disipline et sa mutation dans la foulée ont eu des conséquences désastreuses sur lui : dépression, alcool, divorce...
Depuis, il remonte la pente. Son comportement d'ours mal léché, sa geule de baroudeur et ses états de service l'ont rapidement imposé comme l'un des meilleurs éléments du SDPJ92 (Services Départementaux de Police Judiciaire). Jusqu'au jour où il s'est retrouvé impliqué dans l'affaire.
Théo Vachewski (Nicolas Duvauchelle).
Age : 32 ans
Profession : Lieutenant de police
Situation familiale : Célibataire
Fils unique d'une famille de notables niçois, beau gosse et noceur Vachewski aime fréquenter les endroits de nuit, les dealers et les voyous. Ayant rapidement préféré la rue aux études, le jeune homme a choisi la police par vocation : pour l'adrénaline et l'aventure.
Son côté flic de cinoche agace un peu ses collègues et ses supérieurs, mais son côté embrouilleur de première lui permet d'obtenir d'excellents résultats. Pilote hors pair, il voue une passion aux belles bagnoles. Il n'hésite pas à rouler dans des caisses saisies ou mises sous scéllés.
Walter Morlighem (Joseph Malerba).
Age : 38 ans
Profession : Capitaine de police
Situation familiale : Marié et père de quatre enfants.
Ancien militaire, spécialiste en armes et explosifs et moniteur de tir, Morlighem est le prototype du super flic.
Il a connu Caplan lors de sa première affection et ne l'a plus quitté depuis. D'une fidélité sans bornes, c'est vraiment le bras droit de Caplan.
Marié à une femme dépressive dont il est amoureux, il vit dans un pavillon de banlieue triste avec leurs 2 enfants. Il a d'énorme problème de fric qu'il tente de combler en jouant...
Roxane Delgado (Karole Rocher).
Seule femme de son groupe, Roxane porte en elle le désir d'être acceptée dans un monde d'homme. Pas question de faire de sa féminité une faiblesse. Ce métier, elle l'a voulu. Elle est fille de flic. Son père vieillit tristement dans une maison de retraite, ressassant ses remords. Elle vit avec un écrivain alcoolique plus âgé qu'elle.
Flic doué, elle est partagé entre da bonne conscience, sa droiture, sa sensibilité et son attachement sans bornes pour Caplan et son groupe. Ceux qu'elle considère comme sa famille... Cette fidélité sera mise à rude épreuve tout au long de cette première saison.
Présentation
“Chaque flic a droit à l´erreur. Disons que c´est notre part d´erreur et que cela va s´arrêter bientôt.†Quand il prononce cette phrase, d´un ton à moitié convaincu et à moitié convaincant, le commandant Eddy Caplan n´y croit pas tout à fait, car il est trop pessimiste et trop intelligent pour ne pas envisager que son groupe fonctionne suivant la Loi de Murphy. C´est sur ce principe (les choses finissent par aller de plus en plus mal chaque fois que la possibilité leur en est donné) que repose Braquo, la nouvelle série policière d´Olivier Marchal. Disons tout de suite que celle-ci se situe très très loin de Flics qui avait laissé un sentiment de déception lors de sa diffusion l´an passé sur TF1.
Cette fois, sur Canal+, Marchal a eu les coudées franches et a pu faire ce qu´il aime: peindre un univers noir et réaliste où la psychologie des personnages prend le pas sur l´intrigue qui ne sert que de support à leur évolution. L´histoire part d´un fait authentique et tente de montrer qu´être flic de terrain aujourd´hui relève d´un exercice de funambule. Les officiers sont de plus en plus seuls, devant à la fois affronter les voyous et se défendre contre la hiérarchie. Cette situation les pousse vers une solitude toujours plus grande et vers une cohésion toujours plus forte. Le groupe devient une famille de substitution, mais sans parvenir à en remplir toutes les fonctions.
Braquo montre également comment il est facile de déraper, et qu´une fois cet équilibre perdu, il n´existe pas d´autre issue que la fuite en avant. Réparer la première erreur conduit nécessairement à un nouveau franchissement de la ligne jaune, puis à un autre et encore un autre. L´existence se met à zigzaguer. Une mécanique s´est mise en marche et menace de broyer ceux qui ont commis l´erreur de réveiller la machine. De ce point de vue, on retrouve la toile de fond de The Shield, la formidable série qui fit le bonheur de FX pendant sept saisons: l´assassinat de Terry Crowley par Vic Mackey est le début d´une succession de réactions en chaîne qui aboutira à la destruction de la Strike Team et de ses membres.
Comme dans la série de Shawn Ryan, Braquo raconte l´histoire d´un groupe de quatre flics chargés de faire respecter la loi parmi les petits malfrats et les gros bandits, en fonctionnant de manière presque autonome, en adaptant les règles aux besoins du moment, en essayant de survivre et en suivant les ordres d´un chef charismatique, capable d´improviser, se découvrant à l´aise dans ce nouveau rôle d´équilibriste et s´assurant la fidélité de ses troupes. Après le suicide du commandant Max Rossi, Eddy Caplan (Jean-Hugues Anglade) prend la tête du groupe Voie Publique (VP) au sein du SDPJ 92. En tentant de laver la mémoire de son collègue, le groupe commet une bavure, point de départ d´une lente descente vers les profondeurs.
Comme dans The Shield, la police des polices (les Affaires internes aux Etats-Unis) et la machine judiciaire viennent renifler les agissements et guetter avec impatience le moindre faux-pas des membres du groupe VP. Le conflit moral est le même: la mise en regard d´une certaine efficacité dans la lutte contre la criminalité et le respect des procédures. La vengeance et la jalousie sont les deux puissants moteurs entraînant la mécanique qui menace de broyer Caplan et ses hommes.
Outre le caractère fortement symbolique du quatuor (on peut également penser à James Ellroy et son quatuor de L.A.), chacun des protagonistes vient parfaitement s´imbriquer dans le groupe. Caplan est un type secret, dont on sait peu de choses, sinon qu´il est un chef naturel. Theo Vachewski (Nicolas Duvauchelle) est le jeune flic qui aurait pu être un voyou et qui a choisi l´autre côté de la barrière, même si ses méthodes et sa violence difficilement contrôlable le rapprochent de ceux qu´il combat. Walter Morlighem (Joseph Malerba) est l´archétype du flic efficace, discret, d´une fidélité à toute épreuve, vivant dans un petit pavillon de banlieue avec une femme dépressive et deux jeunes enfants paumés. Roxane Delgado (Karole Rocher) est la femme du groupe qui doit se faire accepter parmi les hommes. Elle hésite entre sa droiture morale et l´attachement à sa famille d´adoption.
Le tableau ne serait pas tout à fait complet sans la présence de Serge Lemoine, membre du grand banditisme et sorte de Némésis du groupe VP. De près ou de loin, il a souvent quelque chose à voir avec les malheurs et avec la lente dégringolade des quatre flics.
La mise en place se fait de manière progressive, sans jamais nuire aux rebondissements de l´histoire, les personnages secondaires prenant leur place et se révélant de manière harmonieuse au fil des épisodes. Tout au long des huit rendez-vous de 52 minutes, le rythme est soutenu, parfois haletant, avec de nombreuses scènes d´action et très peu d´interrogatoires, ce qui est finalement une bonne chose. L´ensemble, tourné en 35 mm, possède une grande unité et il n´y a pas de chapitre faible. A noter qu´Olivier Marchal a réalisé les quatre premiers épisodes et Frédéric Schoendoerffer les quatre derniers. La différence de style est notable (Schoendoerffer a plus souvent recours à des cadrages serrés) mais elle n´est pas gênante. On passe de l´un à l´autre facilement, accroché à son siège.
On se laisse entraîner dans la lente spirale descendante de Caplan et des siens tout en constatant que Marchal suit un processus inverse qui le pousse vers le sommet des séries policières françaises.[/justify]