StealthMan

Le Dernier Baroud

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Coucou :) 

Avant de vous lancer dans la lecture de.. cette "petite" fiction, je préviens : l'ambiance est un poil sombre ^^ j'ai écris ça il y a quelques mois, un soir avant de me coucher, et finalement ça m'a pris une bonne partie de la nuit :D mais j'étais assez content du résultat, et finalement je me suis décidé à la poster ^^

Ah, et.. oui, elle est "un peu" longue, désolé.. je me demande qui aura le courage de tout lire ? ^_^

2047.
Troisième Guerre du Tibérium.
La Confrérie, dirigée par son immortel et charismatique leader, Kane, a lancé une offensive d'envergure contre le GDI. La destruction du Philadelphia suivie de l'invasion des États-Unis d'Amérique ont largement ébranlé le GDI. Mais le Global Defense Initiative n'est pas si fragile. Repoussant le Nod d'Amérique, envahissant l'Égypte et l'Amazonie, le monde entier connaît la fureur du GDI. Malgré l'héroïque résistance des défenseurs du Nod, le GDI progresse. Et commence à menacer sévèrement la Confrérie, en se rapprochant de Sarajevo...




 

La pluie.

Elle coulait en ruisselant sur mon visage.

J'étais allongé par terre, à demi conscient.

Je regardais le ciel, comme béat.

J'étais bien sensible à ce qui se passait autour de moi, mais je ne m'en occupais pas.

A terre, couché, je fixais le ciel.

Il était rouge. Il se faisait tard, le soleil devait se coucher.

Deux des gars me relevèrent et me portèrent par les épaules pour me ramener au transport blindé.

On m'y amena, m'installa sur le banc flanquant la paroi blindée, et un médecin vint.

Il m'interrogea longuement, en me scrutant. Il alluma une petite lampe qu'il me braqua successivement sur mes deux yeux. Je ne sourcillait point.

Il me demandait "Que vous rappelez-vous ? Avez-vous entendu quelque chose ? Qu'avez-vous vu ?"

Mais il le savait très bien...

Cette lumière, qui m'a irradié, puis ce souffle.. L'air s'est propulsé, puis brisé, déchiré, éventré, détruit, par un immense tonnerre..

 

Il y a trois semaines, ma compagnie de reconnaissance a été rapatriée d'Amazonie. Nous faisions partie du Convoi Vipère des Sables, qui a échappé de peu à la

destruction par le GDI. Ils étaient partout dans la jungle.. Nous étions plus de trois cent milles gars à fuir le Brésil en trois grands convois pour rejoindre les trois

villes portuaires principales du Brésil. Nous avons été les derniers à évacuer, les navires étaient pris sous les bombardements de ces saloperies de Gdistes, leurs

avions striaient le ciel de bombes et leurs cuirassés abattaient nos cargos sans arrêt, les uns après les autres.. Nous avons à peine été dix mille à réussir à fuir, et

dans notre division, on était les seuls, une vingtaine de gars perdus, abandonnés, sans commandement, sans ordres, sauf celui de fuir..

 

On a débarqué en Espagne, d'où on a été pris en charge pour être immédiatement redéployés en Croatie. Nos porteurs nous ont débarqué près de Tjòa, où on a

rejoint une force hétéroclite de survivants d'Amazonie. J'y ait retrouvé les nanas du 120e, on était contents de se revoir.. Tant d'entre elles étaient mortes.. Elles

étaient si peu à avoir réussi à échapper au courroux du GDI... Nous avons fait route ensemble, dans des vieux tacos tout droit sortis d'une époque révolue, qui

dataient certainement de l'ère pré-tibérienne vu leur misère.. On est arrivés tant bien que mal non loin de Sarajevo. On a rejoint une compagnie blindée, super

classe, les 67e Tonerre céleste, des vétérans d'Égypte qui avaient tronqué leurs vieux Scorpions pour des chars furtifs et des sortes d'obusiers mobiles furtifs, leur

capitaine nous a dit que ça s'appelait.. des Spectre je crois. On a été placés sous les ordres d'un vieux colonel. Quand il nous a visité pour la première fois, on était

dans des tentes boueuses, il faisait froid, et il pleuvait comme vache qui pisse.. L'Europe quoi.. Il nous a vu, nous a regardé un par un, puis nous a lâché "Mais

pourquoi sont-ils venus ici" avant de secouer la tête et de faire demi-tour... On avait pas bien compris à ce moment, mais plus tard, on pigerait pourquoi...

 

La semaine suivante, on écoutait la radio comme tous les matins, et à un moment, on a entendu que pas mal de chars du GDI avaient fait une brèche dans nos

lignes. On a été déployés contre ça. La plupart d'entre nous étaient moroses d'y aller, mais on devait faire le taf. Les musclés des tanks faisaient pas trop la fête,

mais beaucoup espéraient encore quelque chose.. S'ils avaient été en Amazonie ces gamins, ils auraient su ce que c'est, le goût de la défaite et de la honte... On a

été projetés comme il a dit le colonel, en Carryall, sur un village. Les types étaient tous des fervents du Nod, complètement zinzins. Les mecs nous disaient "Allez,

priez au nom de Kane ! Ca vous protègera", mais nous on répondait rien.. Ils ont leur innocence avec eux, c'est tant mieux.. On avait envie de leur répondre que les

prières, c'est pas ce qui nous protègent d'une rafale de GD2, mais bon.. On laisse faire, au moins ils sont heureux.. On a pris position dans ce village, notre taf était

de le fortifier pour faire croire aux Gdistes qu'on étaient nombreux. En fait, on était 76, le colonel et son radio y compris. D'ailleurs, qu'est-ce que foutait un colonel

ici ? Personne a osé lui demandé.. Enfin si, l'un des gars des blindés, il est allé lui demander.. Mais quand il est revenu, il aurait dit que le colonel l'a regardé

fixement, le regard vide, sans espoir, sans lueur, sans rien.. Ca l'a bien choqué en tout cas le gars..


On a recruté les gars du village, on leur a dit qu'on allait fortifier leur village, yen a qui ont paniqué, qui disaient "les GDIstes sont là ? mais on est fichus, ils vont nous

tuer, brûler nos maisons, piller nos cultures, tuer nos familles !" nous on leur répondait que non, le GDI n'était pas là, mais qu'on devait faire croire à leurs éclaireurs

qu'on était super nombreux et super préparés, alors les gars, ça les a fait plaisir, ils se sont mis au travail tout content en croyant que c'était un super plan

ingénieux.. En fait, le lendemain, on a appris qu'à quelques escadrons isolés près, on était les seuls à s'opposer à quatre divisions cuirassés du GDI... On a fait une

tête quand on a su ça.. On se croyait mort, on s'était persuadés morts.. On a rien dit aux civils. Vers midi, on voyait déjà dans nos jumelles la dernière position en

amont de nous se faire investir par des troufions du GDI, nous on pouvait rien faire, on avait pas de fusil à lunette.. On les a encouragés à la radio, on a entendu

leurs gars quand ça canardait dans leurs tranchées, ils hurlaient des litanies, qu'on demande à leurs femmes de prendre soin de leurs enfants, de transmettre au

commandement leurs noms... On était presque larmoyants, mais on a connu ça en Amazonie, alors ça allait.. Par contre les gars des chars, ils y comprenaient rien..

leurs tanks devaient servir à faire des escarmouches, pas à affronter des chars ennemis.. Yen a qui étaient là avec nous, les mecs, on les a vu, ça leur a fait un choc

d'entendre ça à la radio, les cris, les pleurs, les hurlements de terreur, les rafales, de plus en plus proches.. Puis la radio a coupé.. On a observé aux jumelles ce qui

se passait, les GDIstes sont rentrés à cinquante dans la position, ya eu des rafales, quelques explosions.. Puis plus rien.. Quelques coups de pistolet seulement,

certainement des salopards de GDIstes qui achevaient nos blessés.. Salauds.. On a rangés les jumelles, on était tétanisés. Puis, à peine un quart d'heure, on a enfin

reçu l'ordre d'évacuer. Mais on pouvait pas prendre les civils, c'était un miracle déjà si tous les camions parvenaient à démarrer.. On a déguerpi en vitesse, on a

laissé pas mal de matériel en route.. Les civils nous regardaient, un peu étonnés, nous voir filer si vite.. Ils ont entendu les explosions, les rafales, ils étaient pas

tranquille.. On leur a expliqué qu'il y avait eu une infiltration de quelques commandos du GDI, qu'on allait les buter.. Mais les types nous demandaient pourquoi on

partait dans le sens opposé des combats.. On a rien répondu. On a esquivé leur regard. On voulait les oublier, eux aussi. Ne pas savoir, ne pas se souvenir. On est

partis fissa, sans un regard derrière nous. Je me souviendrais toujours de ces pleurs d'enfants que j'ai entendu, dans le bruhaha du moteur, au loin, dans le village

que nous abandonnions. Leur destin était scellé, yavait plus rien à faire.. On a filé, jusqu'à trouver un poste de la Conférie. C'était un peu mieux équipé, ils avaient

quelques chars et quelques tourelles de défense. Le colonel est allé voir leur responsable. On a entendu des coups de feu, on a pas trop compris. Puis le colonel, en

sang, est revenu vers nous, titubant. On s'est empressés de le rejoindre. Il nous a soufflé "Ce camp est à vous" avant de s'affaisser sur nous, sans vie. On est

montés au poste de commandement, on a trouvé trois corps, deux gardes et un gradé, probablement le chef du poste. Yavait des plans sur la table, comme on avait

plus de chef, on les a vus.. Là on a compris.. La carte représentait la région. Tout le bord de la carte était jaune, et plusieurs grosses flèches, venant de toutes les

directions des bords de la carte, pointaient le centre de la carte. Le centre était une sorte de tâche rouge. Et quelque chose me dit que la tâche rouge de la carte

allait se réduire, et que sur le sol les tâches rouges allaient elles s'agrandir...

 

On a pris le commandement du poste. Comme yavait pas de chef, on a tiré à la courte-paille entre les trois commandants de nos compagnies. Finalement, c'est

celle des nanas du 120e qui l'a eu. Elle s'appelle Tyria. J'y pense, on a jamais su le nom du colonel.. C'est triste.. On l'a enterré dignement, mais en sachant

pertinemment que d'ici quelques jours, la terre qui le receuillait serait salie et tâchée par le GDI.. La commandante Tyria a fait aménager le poste. Elle nous a dit

qu'on devrait se démerder pour tenir ici le temps de recevoir des ordres. Mais elle nous a confié un peu après qu'elle était pas le moins du monde certaine que des

ordres parviendraient.. En fait, elle avait l'intime conviction que le commandement avait oublié notre existence.. Vu ce qu'on a compris qu'il se passait, je veux bien

la croire.. Jamais on ne recevrait d'ordres, le commandement était en proie à la panique et devait certainement consacrer ses efforts à manoeuvrer des divisions

blindées, plus utiles que trois compagnies paumées en marge de la ligne de front.. On a calé le campement, fait connaissance avec les types qui défendaient le

camp, ils étaient une petite trentaine, ils avaient même pas d'unité.. Les mecs ont été recrutés il y a à peine un mois, pour relever les anciens gardes du camp, qui

étaient partis au front.. Les gars étaient des paysans ou des exemptés de conscription, certains étaient malades, d'autres infirmes.. Ils avaient reçu l'ordre de garder

le camp jusqu'à ce qu'un nouvel ordre arrive, sauf que jamais un nouvel ordre ne fût arrivé.. Probable que les anciens hôtes du poste sont tous déjà morts au

combat, ou alors ils le seront très bientôt, s'ils fuient pas d'ici au plus vite.. Les pauvres paysans, ils savaient à peine distinguer un fusil d'un fusil automatique, ils

faisaient pitié à voir.. Et c'était les gars qui nous serviraient de renfort.. Alors, on a fait notre fortin : on a creusé en vitesse des trous d'homme pour y mettre des

gars avec des lance-roquettes, on a placé les tanks et les artis à roues dans différentes positions qu'on a soigneusement fortifiées en dégageant des axes de tir et

en plaçant des repères balistiques, on a installé quelques positions de mitrailleuses, entouré les tourelles de sacs de sable et de divers trucs qui passaient par là,

jerricans, roues, etc.. on a fermé les volets des bâtiments de la base, percé des meurtrières, renforcé les volets avec des plaques de tôle, renforcé les issues du

bâtiment avec des tables, des portes, des chaises, des meubles,... On s'était fait notre campement.. Advienne qui pourra...

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Quand on a vu les premiers trucs arriver à l'horizon, on s'est demandés une fraction de seconde si on rêvait, mais nan, on est pas cons à ce point.. On en a déjà vu dans la

jungle, alors on sait les reconnaître tout de suite.. Une horde de Mammouths dévalait la colline, à peine un kilomètre devant le poste, en cavalant comme des chevaux

sauvages dans la steppe. On s'est tous regardés, un frisson parcourant l'échine. On pensait pas qu'il y aurait des Mammouths, déjà, là, comme ça.. On a fait chauffer les

tourelles, préparer les tanks, retirer les sécurités des armes, tapé l'épaule des gars, chuchoter un dernier encouragement.. Et on était prêt.. Le GDI avait vu le campement,

ils avaient vu les installations sommaires, ils savaient qu'il y avait du monde.. Et pourtant, ils tiraient pas.. On a attendu un peu, histoire de savoir pourquoi, mais finalement

la Commandant Tyria a donné l'ordre d'engager le combat. C'est les tanks furtifs déployés dans une ravine qui ont commencé le bal : ils ont incendié deux des

mammouths sous les salves de roquettes rapides. Les tanks ennemis se sont tous soudain arrêtés, comme s'ils s'attendaient pas à de la résistance. Nos gars dans les

chars devaient se dire "Au moins, on les a surpris", et ils ont continué à tirer, en manoeuvrant comme à l'exercice pour esquiver les obus massifs des monstres d'acier. Nos

artilleries à roues ont tiré, en reculant comme des hippopotames, mais le boucan qu'elles ont fait en tirant nous laisse présager sur la puissance de l'obus qu'elles ont

expédié.. Ces petits machins à roues, on dirait pas, mais ça a de la gueule ! Les obus sont tombés entre les mammouths, ça en a recouvert certains de terre ! haha, ils

étaient hébétés les connards en face ! Enfin, après, ils ont réagi.. D'abord, les mammouths ont réussi à exploser à coups de missiles plusieurs de nos chars furtifs. Ils

étaient solides, mais pas assez face à ces gigantesques chars. Ils ont décroché en réactivant leur occulteur, mais plusieurs se sont quand même fait allumer par les feux

de barrage des forteresses, et dès qu'un des tanks était démasqué, tous les monstres se concentraient dessus, le faisant exploser en une boule de feu et de

débris de métal et de restes humains en fusion.. Les artilleries ont continué de tirer, puis soudain, on a vu une salve d'obus tracer tout droit de l'horizon, arriver depuis les

lignes du GDI, et nous foncer droit dessus. On a pas eu le temps de réagir, les salves ont explosé nos artis. Nos trois Spectre ont explosé d'un coup, en même temps. De là,

on a sû que c'était fini. Ca a été la panique, on a dû décrocher en vitesse. Les derniers tanks furtifs sont revenus dans la base, mais quand ils ont vu les restes des canons

automoteurs et les corps tout autour, ils ne se sont pas arrêtés.. Ils ont fui, le plus vite qu'ils ont pu, constatant la mort de tous leurs autres camarades.. Devinant ce qu'il

en serait pour nous si nous devions rester là, on a filé aux camions, et on a démarré fissa.. Les obus tonnaient, on entendait les bâtiments souffrir des explosions tout

autour de nous.. On pensait pas qu'ils nous rentreraient dedans avec ça.. On a filé, yavait deux camions devant nous, l'un s'est pris un obus, il a explosé si fort qu'il a

décollé, on l'a pas vu atterir.. On a filé, aussi vite qu'on a pu.. On a réussi je ne sais comment à filer plus vite qu'eux, sans trop se faire tirer dessus.. Au bout d'un moment,

en roulant cahin-caha dans les routes valonnées toutes encaissées, on a fini par faire une pause, histoire de voir qui avait sauvé sa peau. On était plus que quatorze, dont

deux des filles de la compagnie des fantassins. Elles ne réalisaient pas elles non plus. On avait aussi l'un des gars des chars, lui il a compris, il pleurait silencieusement

dans son coin.. Ca arrive toujours la première fois.. Passé ce cap, après, ça nous touche, mais on ne craque plus. Un barrage cassé ne peut plus se briser à nouveau. Les

autres, on était les gars du 214e de reco, je sais pas comment, mais on avait réussi à sauver notre peau.. Enfin, pas tous, la moitié d'entre nous étaient restés là-bas, sur le

carreau.. Jordan était plus là.. Je l'avais vu, tout à l'heure, recharger la mitrailleuse de Matthew.. Je sais pas ce qui leur est arrivé, peut-être se sont-ils cachés ? Nan, il faut

pas espérer.. Mieux vaut les savoir morts.. Dieu sait ce que ces diables du GDI auront pu leur faire s'ils les ont pris vivant.. Ah, je chasse de suite ces idées de mon

imagination, tellement c'est horrible.. Pas un des paysans du camp est avec nous, les gars ont tenu la position fanatiquement, ou plutôt résignés, je crois pas qu'ils avaient

autre chose en tête.. De toute façon, c'est certain que leurs fermes ont déjà été rasées par ces ordures de GDistes, ou alors elles le seront bientôt.. On s'est remis en route,

direction la prochaine chose qu'on verrait, qu'elle soit Noddie, ou ennemie...

 

 

Après avoir roulé une bonne heure, lentement à cause de ces fichues routes toutes catastrophiques pleines de bosses et de creux, on est arrivés en bordure d'une petite

ville en ruines.. On s'est inquiétés, parce qu'aucune ville ne devait être en ruine dans ce coin, vu que le GDI est censé être derrière nous.. Mais en fait, ce qui a attiré mon

oeil aiguisé, c'est l'état des bâtiments : il y avait des impacts de balles à pas mal d'endroits, des restes de barricades dans les rues, des slogans à demi-effacés sur les

murs.. Ca m'a tout l'air d'une insurrection réprimée ça.. On a avancé dedans, et ce qui nous a tapé à l'oeil, c'est les corps : ils étaient pas humains.. Enfin, pas

complètement.. Certains étaient trop massifs et d'autres trop fins pour des humains.. Et il y avait certains corps décharnés dans lesquels.. oh mon dieu.. poussait du

Tibérium... On a filé en vitesse, cet endroit puait la mort et le cauchemar.. On a tracé, on croyait entendre des bruits partout, impossible de savoir si c'était le fruit de notre

imagination, ou si effectivement nous étions réellement observés... On a tracé, on a quitté la petite zone urbaine, sans se retourner, et on a continué..

 


Après avoir gravi une colline qui - pente oblige - a tué tous nos camions, on est arrivés au sommet et on a vu.. un horzion en feu.. On voyait au loin des lueurs orangées

partout, sur peut-être bien des centaines de kilomètres.. Le soleil se couchait, faisant encore plus apparaître un tableau apocalyptique du paysage.. J'ai jamais vu de vision

comme ça en Amazonie, et là-bas, c'était déjà presque l'Enfer, alors là.. Je crois qu'ici, on est arrivés à destination... Maintenant que le silence était revenu, on entendait, au

loin, un faible grondement.. Mais un grondement perpétuel, comme si la mort pouvait parler.. Elle ruminait, elle grondait, elle appelait plus de mort, plus de destruction, plus

d'annihilation..

 

 

On a vu, dans les lueurs, ce qui semblait être une large ville.. En contrebas de la colline, il y avait un poste abandonné du Nod, on y est descendus prudemment, comme

plus rien ne nous sépare du GDI, ç'aurait été con qu'on nous prenne pour des espions du GDI.. Mais le poste était effectivement abandonné.. Enfin, pas totalement, il y avait

quelques chiens maraudant par là.. De peur qu'ils nous attaquent s'ils étaient affamés, on a tiré, et on en a tué deux. Il en reste au moins deux autres, mais qui se sont

tapis dans l'obscurité, pour ne pas être tués à leur tour. Tant mieux, s'ils se planquent, ils ne nous dérangeront pas.. N'empêche, quel monde.. Tout est aspiré par la guerre,

les hommes, la nature... Tout est détruit, ou irrémédiablement profané, par la guerre... On a trouvé deux camions, pas trop vieux, en état de marche. On les a pris, on s'est

entassés dedans, et on s'est mis en route.

Pour notre destination finale.

Pour Sarajevo.

Pour l'Enfer.



On s'est rendus jusqu'à une grande base de la Confrérie, lourdement défendue. Deux obélisques gardaient l'entrée, des tourelles de DCA scrutaient le ciel depuis des

positions retranchées, l'Arche Secrète étincelait de milles éclairs rouge, la parabole satellite du poste de commandement tournait sur elle-même rapidement, les fantassins

prenaient leurs tours de garde, les chars se plaçaient sur leurs emplacements de tir.. On a été arrêtés à l'entrée par quatre gardes, qui nous ont fouillé. Je leur ai racontés

comment on est venus jusqu'ici. La seule chose qu'il me répondit fut "Gardez la foi, mon frère" avant d'autoriser notre passage. J'étais dépité, tous ces fanatiques qui

ignoraient ce qu'était la guerre.. Enfin... Nos camions sont passés, on s'est garés dans la base, et on a pris un moment de repos.. Après toute la route, on était bien crevés..

De temps à autre, des Venom passaient au-dessus de nos têtes, mais à des moments, c'était le hurlement des réacteurs des Orcas, immédiatement suivi des rafales

bruyantes des salves de missiles de DCA. On s'est posés pour la nuit. On a dormi pêle-mèle dans nos camions, comme des paysans, sans confort, sans rien. Ca change de

la Main du Nod ça.. Le lendemain au petit matin, finalement, un officier est venu nous voir. Il nous a dit de monter au Temple Prime. On ignorait pas ce que c'était. On

ignorait pas non plus son importance à nos yeux, comme l'importance de le détruire aux yeux des GDIstes. On voulait pas y aller, mais c'est les ordres.. On s'est remis en

route, direction le Temple. On le voyait un peu de là, une sorte de lueur rouge, bien plus terrifiante que le reste des couleurs à l'horizon..




 

On est arrivés en début d'après-midi proche du Temple. Un officier nous a prit en charge en nous guidant depuis sa mobilette. Il nous a conduit jusqu'à une ligne de

défense défoncée, une tranchée creusée dans le sol mais pas terminée, il fallait s'accroupir pour être à couvert. Elle avait été creusée à la hâte m'a-t'on raconté, par des

gars qui se prenaient des bombardements sur la tronche, ils sont morts avant d'avoir fini. Ca m'a mis des frissons dans le dos, bah putain.. On s'est installés là, on a

cherché des pelles, ou des explosifs, mais rien.. Alors, on a foutu nos camions un peu en retrait, derrière un talus de terre pour légèrement les protéger, et on s'est calé

dans cette tranchée de merde. On avait rien, on allait commencer par manquer de bouffe. Mais l'eau, ça, pas de souci, avec toute cette saleté de pluie qui tombe.. Ca nous

trempe comme pas possible, on est des loques dans la boue, c'est ça le Nod... Eh beh... On a campé toute la journée dans cette saloperie de position merdique, avant de

voir passer un groupe de tanks carapacés de fantassins du Nod. J'ai pas cherché à réfléchir, j'ai dit aux gars "Si vous voulez quitter cette position, on prend les camions et

on les suit !" et c'est ce qu'on a fait. On est remontés dans nos camions et on a suivi les chars. Ils étaient une quarantaine de Scorpions, sur lesquels s'entassaient des

centaines de fantassins désespérés, roulant à faible allure. Certains étaient sacrément endommagés, mais la plupart fumaient ou étaient cabossés comme s'ils revenaient

d'une zone rouge. Je conduisais l'un des taxis, je l'ai amené à la hauteur d'un des tanks qui trainait à l'arrière, et j'ai demandé à l'un de nos gars de sauter sur le char et de

leur demander ce qu'ils font là. Il y est allé. Il est sorti du tank dix minutes après, nous a fait signe. On l'a repris à bord. Il nous a expliqué que ces gars sont les derniers

d'une division de chars annihilée en Slovénie par une immense offensive de chars du GDI, ceux-là étaient en réserve, c'est pour ça qu'ils ont pu fuir.. Ils ont embarqué tous

ceux qu'ils ont pu et ont tracé vers Sarajevo chercher de nouveaux ordres et défendre le Temple Prime. Leur commandant, le Général Katarn, pilotait un char mammouth

reconditionné équipé d'un prisme laser d'obélisque et d'un puissant générateur de furtivité. Il a tenu la ligne avec d'autres de ses gars pour permettre au maximum de fuir

le plus vite possible.. Courageux, mais inutile.. Les types se sont pris pas mal d'orcas sur le coin, beaucoup de chars ont ramassé et tous les autres véhicules ont été

détruits, ou abandonnés afin de filer l'essence aux scorpions. Le pire, c'est quand les roquettes touchaient les soldats aggripés sur les chars, la charpie atténuait la

perforation de la roquette.. Déguelasse... On s'est mis en route jusqu'à trouver le Temple, qu'on a vu en arrivant au sommet d'une colline. Là, devant nous, on a vu... Le

destin de la Confrérie.

 

 


Le Temple, entouré d'un inpénétrable champ réfracteur rouge, se dressait fièrement dans le ciel, majestueusement, tandis qu'autour de lui.. Les obélisques s'effondraient,

des explosions éclataient partout, des myriades de chasseurs orca tiraient partout, des hordes de Mammouth investissaient la base du Nod.. Les tanks se sont arrêtés.

Puis, d'un coup, tous se sont mis en route, ils ont dévalé la colline, fonçant sur les invincibles armées du GDI... Nous, on est restés dans nos camions. Ces gars allaient

mourir. Nous on voulait pas. On est repartis dans l'autre sens, jusqu'à trouver un village. On en a trouvé deux, envahis par le tibérium. Impossible de rester. Finalement, on a

trouvé une espèce de vallée entre deux collines escarpées, bien rocailleux, on a décidé d'y planter le campement. On a vu une sorte de grotte, mais elle est trop petite pour

qu'on y rentre tous, et impossible d'y garer les camions, le chemin n'est pas praticable. On s'est installés là, et on a attendu jusqu'à la nuit tombée. Lorsque la nuit fut sur

nous, on a fait les quarts, ceux qui dormaient se mettaient dans la grotte pour échapper à la pluie, les autres patrouillaient. On voulait sortir de là, fuir avant d'être rattrapés.

Toutes les explosions qui déchiraient l'horizon nous paraissaient très claires, le Temple était encerclé... Le lendemain matin, je suis monté avec Kernie sur la colline pour

voir ce qu'il en était. On entendait plus rien, on craignait le pire.. Quand on est arrivés en haut, à bout de souffle, on a senti la mort. On l'a deviné. Le Temple était là, toujours

inviolé, et autour, que des ruines fumantes. Pas de trace de GDIste. Alors là, on a couru, on a dévalé la colline aussi vite que possible. On sait ce qui allait arriver d'un

instant à l'autre. Cette saloperie de pluie était plus intense qu'hier en plus, comme si tout se déchaînait contre nous. On était pas encore arrivés au campement qu'on a

entendu un bruit, qu'on reconnaît bien.. On l'a tous entendu dans des enregistrements, parce que je ne connais personne qui l'ait entendu de ses oreilles et qui n'ait pu en

témoigner. Un grondement sourd, puis une déchirure de son... Immensément forte, assomante... On courait encore, mais ça ne servait à rien. Je suis tombé à genoux dans

les cailloux, attendant la fin. Puis j'ai été aveuglé d'une immense lumière blanche, et soudain...

 

 


La tempête. Un immense vent m'a emporté, avant qu'il ne soit déchiré par un immense tonnerre comme jamais je n'en ai entendu. Je suis retombé au sol, me croyant mort.

J'étais allongé à terre, inerte, mais conscient. Mais je ne me relevais pas. Il n'y a pas de pourquoi. C'est ce qui doit se passer. Je resterais là. Je voyais bien les noddies

s'affairant autour de moi pour me récupérer, mais.. je ne faisais rien.

 

 

Après avoir été interrogé, le suspect 1284R a été emmené en interrogatoire par le confesseur Deius. Mais son interrogatoire n'a pu avoir lieu, il a perdu la vie auparavant

dans des circonstances suspectes, apparement lors d'une rixe contre ses gardes qui l'escortaient à l'Arche. Impossible de savoir ce qu'il en était de cet espion du GDI, s'il

avait des informations, ou autre.

Dossier clos, Sarajevo, Poste retranché Ultra.

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