Jump to content
Command & Conquer SAGA

Chroniques de la Flamme


Silk

Recommended Posts

Ca fait bientôt un an que j'ai commencé l'écriture de cette fic', et je pensais la poster d'une traite quand tout serait fini ; mais après avoir regardé des fictions assez récentes, je vois que des idées que j'essayai d'exploiter dans mon fic' commencent à être prises (et utilisées avec brio, c'est pas sa la question ;))...

Après un moment de réflexion et afin d'éviter qu'on ne me prenne l'idée générale (je veux l'exclusivité, nah ! :P), je vais poster ici et à la suite tout ce que j'ai déjà écrit.

Certains membres de CnCSaga - les vieux d'la vieille - se souviennent certainement avec nostalgie du RPG organisé par Martin... Pas Wolrd War, mais bien le premier RPG CnCSaga. Hélas, je me suis inscrit et j'ai commencé à participer quelques semaines avant que le jeu ne ferme... Celà-dit, j'avais toujours eu l'idée d'expliquer comment mon perso' était arrivé sur l'île Saga pour se battre contre Alliés, Soviets et GDI, et j'ai commencé l'écriture de ce truc.

Au staff qui souhaite se renseigner, des détails peuvent être trouvés dans les archives, dans le Dossier n°1 008 92P de la Confrérie du Nod - Flamme de Kane.

Ah, et si y'a besoin de commenter, venez sur le topic qui y est dédié ! ;)

Chapitre 1 : Cadann

Rien ne différenciait cette matinée des autres. Il faisait peut-être un peu plus chaud, et le ciel était peut-être un petit peu plus acceuillant que d'habitude. Mis-à-part ça, tout s'était déroulé comme tous les dimanches : les gens dans la rue discutaient des derniers attentats du Nod, indignés ; les femmes s'occupaient du dîner, pendant que les hommes s'occupaient des éventuels travaux ; les enfants s'amusaient. Les rares oiseaux chantaient. Le Tibérium poussait.

Pourtant, on pouvait sentir le vent du changement. Des vies allaient être brisées, et ce jour allait laisser des marques dans la vie d'un homme. A jamais.

Sébastien Calahan jouait dans le jardin de sa maison, au bord du petit village de Cadann, avec son pistolet en plastique. Et pan, pan ! Prends-ça, sale Viscéroïde ! Pan ! Pan ! Sébastien continuait à abattre ses ennemis imaginaires, tout en escaladant un des arbres de son terrain de jeu...

Soudain, il aperçut une lumière verte au bout du jardin, entre les quelques légumes que ses parents arrivaient à faire pousser. Sébastien se rapprocha, et reconnut ce que ces parents lui avaient décrit quand il était plus petit...

- Pourquoi je peux pas aller jouer dans les champs papa ?

-Parce que c'est du Tibérium, et que c'est dangereux ! En plus, il pourrait y avoir des Viscéroïdes, ou des Mutants... Tu ne dois jamais t'approcher des champs de Tibérium !

- Oui, papa ...mais c'est quoi le Tibérium ?

- Et bien, ce sont les cristaux verts que tu vois là.

- Mais c'est joli !

- C'est peut-être joli, mais si tu en touches, tu peux en mourir ! Promets-moi de ne jamais t'approcher de cette saleté verdâtre !

- D'accord, c'est promis... Mais, dis, c'est quoi un “ viçéroidoudémutan ” ?

- Héhé ! Alors, les Viscéroïdes sont...

Les recommandations de son père lui revenant en mémoire, il courrut vers sa maison et appella ses parents :

- Maman ! Papa ! Venez voir ! Il y a du Tibérium dans le jardin !

Isabel Calahan, qui commençait à préparer le dîner, s'arrêta subitement. Elle appella son mari d'une voix éraillée, avant de se diriger rapidement vers le jardin, suivi par son homme qui arriva lui aussi en courant. Sébastien se fit ramassé par sa mère, qui le rentra tout aussi vite, pendant que le chef de famille fouillait le jardin. Elle le déposa, et lui demanda d'une voix effrayée :

- Tu ne l'as pas touché, n'est-ce pas ?!?

- Non non. J'ai juste regarder de loin. Quand je me suis rappellé ce que papa m'avait dit, je suis revenu ! (Après une pause, il continua :) Pourquoi il y a du Tibérium dans le jardin maintenant ? Et pourquoi papa est allé voir ?

- Ton père est parti pour vérifier que c'est bien du Tibérium... Si c'est bien ça, il va falloir changer de maison...

- Changer de maison ?!? Mais...

- C'est important, le coupa-t-elle. Vital. Si on ne change pas de maison, nous pourrions tous mourir... Ne te fais pas de soucis : si c'est bien du Tibérium, je pense que tout le village va pouvoir venir dans la Zone Bleue... Tu ne perdras pas tes amis ! Et puis, vois le bon côté des choses : tu vas pouvoir voyager ! C'est ce dont tu rêvais depuis un bon moment, non ?

- J'm'en fiche de voyager ! J'veux garder la maison, moi...!

Le père revint, et dit simplement :

- Il a raison. C'est du Tibérium.

- Oh mon Dieu... Va prévenir M. Turiq. Il va encore falloir demander aux dirigeants de la Zone Bleue s'ils veulent de nous...

- J'y vais tout de suite.

Il repartit donc, cette fois vers le centre du village, toujours en courant. Sébastien voulut le suivre, ma sa mère l'entraîna de l'autre côté :

-Viens, Sébastien. Il faut prévenir le plus de monde possible. Il faut que tu ailles chercher tous tes amis, partout, et que tu leur dise qu'il y a du Tibérium en ville. C'est très important. Et il ne faut pas que tu reviennes ici ! Tu as compris ?

- Oui maman... répondit-il, un peu grognon.

- Qu'est-ce que tu dois dire à tout le monde ?

- Qu'il y a du Tibérium dans le jardin ?

-Bien. Maintenant, vas-y !

Elle le lâcha, et partit vers la maison la plus proche.

Sébastien ne comprenait pas bien pourquoi il devait le dire à tout le monde ; il ne voyait pas non plus comment des cristaux aussi beaux pouvaient être si dangereux... Mais, comme il aimait sa mère et qu'il était – à peu près – bien élevé, il partit faire ce qu'elle avait demandé. Après avoir prévenu certains de ces amis, il repassa devant sa maison. Il n'avait pas l'intention de rentrer dedans, mais il voulait voir si ces cristaux changeait vraiment tant de choses... Il la regarda un long moment, et ne vit rien de plus que ce qu'il avait toujours vu : sa maison, l'endroit où il avait passé toute sa vie. Il lui était inconcevable de vivre ailleurs...Il détourna la tête, dépité.

C'est alors qu'il entendit une explosion de verre dans la maison. Il se retourna, et vit un morceau de cristal vert, qui perçait la fenêtre du salon. Sous le choc, le jeune garçon resta immobile quelques secondes ; une autre formation cristalline, qui semblait grandir très rapidement, commença à passer à travers la fenêtre. Il repartit faire ce qu'on lui avait demandé en courant : maintenant qu'il voyait de ses propres yeux comment le Tibérium pouvait briser une vie, il avait une très bonne raison de prévenir tout le village !

***

Cela faisait bientôt une heure que tout le monde avait été prévenu. Les gens s'étaient rassemblé sur la place du village. M. Turiq, le pseudo-maire (peut-on appeler “ maire ” le chef d'une communauté de 70 personnes ne vivant sous l'autorité d'aucun Etat ?), avait fait un bref discours, où il annonçait que tout le monde devait quitter les lieux, faire un groupe et voyager vers le Nord et la frontière de la Zone Bleue, à quelques dizaines de kilomètres de là.

- On fait la même chose qu'à chaque fois, en gros, résuma un des anciens du village.

- Moui ...en bref, c'est ça... balbutia Turiq.

Les gens faisaient leurs bagages, se demandant s'ils seraient encore acceptés – après tout, c'était tout de même la quatrième fois qu'ils devaient quitter le village... Certains râlaient tout fort, demandant s'il ne valait pas mieux rester vivre dans le village. Mais tout le monde savait que ce n'était pas sérieux : la peur de la contamination et de la mutation par le Tibérium était trop forte. Nul ne voulait ressembler à ces monstres, les Rôdeurs, ou encore à ces Oubliés, obligés de vivre cachés, ou même de tout simplement mourir à cause de cette “ saleté de minerai extraterrestre verdâtre ”, comme l'appelaient les anciens. Vers midi, la colonne se forma, et l'éxode débuta.

Ils avançaient lentement, mais la frontière n'étant qu'à dix ou onze kilomètres, ils arrivèrent en vue du poste-frontière avant la nuit. Autour d'eux, l'herbe commençait à pousser à peu près normalement, et n'était plus recouverte de poussière ; il n'y avait pas le moindre cristal de Tibérium en vue.

La frontière était protégée par une barrière sonique, et une Caserne du GDI se dressait à côté de la grande porte automatisée et des Tours de défense. Un panneau électronique placé à côté de la porte indiquait “ Zone B-3 ”.

Un détachement de soldats vint directement à leur rencontre. Le sergent, qui n'avait pas de casque, et qui semblait hargneux avec sa barbe de trois jours et son oeil qui disait merde à l'autre, demanda :

- Qu'est-ce que vous foutez-là ?

M.Turiq commença :

- Bonjour, euh... Sergent, c'est ça ? Nous sommes les habitants du village de Cadann, à quelques kilomètres d'ici, et nous venons demander le droit de nous installer temporairement dans...

- N'allez pas plus loin : y'a plus de place. Cette Zone Bleue est pleine à craquer ; si on vous accepte, les aut' bourges vont encore râler qu'on leur pique de la place, et j'vais sûrement perdre mon grade – comme l'ancien chef de cet avant-poste !

- Mais ... Le Tibérium a envahi notre village ; si on ne peut pas venir ici, nous allons...

- C'est dommage pour vous. Mais je peux rien faire. En plus, rien ne me dit qu'il n'y a pas des fanatiques dans votre groupe !

Après une petite pause, il reprit :

- Il paraît qu'il y a encore de la place dans la Zone B-5 ; à vous de voir si vous préférez traverser la France et l'Espagne à pied, ou vous habituer à vivre des ces conditions ! On verra si on peut envoyer une équipe ZOCOM pour ralentir la progression du Tibérium, mais si j'étais vous, je changerai de coin fissa. Allez, circulez !

- Mais... Nous pourrions nous installer là et...

- Ah non ! On ne veut pas de bidon-villes juste en face de notre Caserne, merci !

- Mais ...

- Bon, vous commencez à m'énerver là ! Jones, tu me raccompagnes ses paumés à 1km de là, puis tu reviens ! Si y'en a qui fait mine de protester, fais ce que tu juges nécessaire.

- Oui, chef ! Bien compris !

Les villageois furent raccompagnés plus loin, puis abandonnés à leur propre sort.

-Qu'est-ce qu'on fait maintenant, M. Turiq ? demanda un habitant.

-Je dois vous avouer que ...Je n'en sais rien du tout. On avait déjà demandé plusieurs fois, et je pensais que si nous étions en danger de mort, ils nous laisseraient rentrer, comme d'habitude... Je pense que nous devons tenter notre chance avec la B-5. S'ils ont vraiment encore de la place, alors il y a encore un espoir pour nous. On pourrait peut-être même s'y installer définitivement, qui sait !

- Et les enfants ? Vous voudriez leur infliger un tel voyage ? protesta une mère.

- C'est triste à dire, mais il y a peu de chance qu'ils y survivent en effet. Vous avez donc le choix : les emmener et nous suivre, au risque de les malmener un peu ...ou rester ici et essayer de survivre le plus longtemps possible, sachant que la mort vous attendra obligatoirement au bout de compte. Tous. Enfants compris.

- Ce n'est pas sûr du tout, répliqua monsieur Calahan. Ce Sergent a dit qu'il enverrait une équipe ZOCOM pour protéger le village ; je suis d'avis de les attendre. Même si nous pouvons pas vivre dans la Zone Bleue, si une équipe ZOCOM place des engins soniques autour du puit et de quelques habitations, nous aurons de quoi vivre !

- Si vous voulez rester, restez. Je n'oblige personne à me suivre. Sachez juste que plus nous seront nombreux, plus facilement nous viendrons à bout des épreuves qui nous attendent !

La quinzaine de personnes qui pensaient pouvoir survivre – ou qui ne voulaient tout simplement pas quitter le village – resta sur place, tandis que le gros de la population du village commença son voyage. Ils devaient traverser une grande partie de la France, puis de l'Espagne, mais l'espoir les soutenait. Parmi ceux qui restaient, encadré par ses deux parents, Sébastien pleurait : il avait compris que plus jamais il ne reverrait ses amis...

L'équipe ZOCOM n'arriva jamais, et le village de Cadann, comme bien d'autres avant lui, fut submergé par le Tibérium. Des quelques habitants qui essayèrent de rester dans les environs, la plus grande partie de la population prit peur le jour où les parents Calahan moururent d'une intoxication au Tibérium ; cette évenement décida tous les survivants à quitter le reste du village. Certains changèrent d'avis, et décidèrent de tenter d'atteindrec la Zone B-5. D'autres essayèrent d'entrer en fraude dans la B-3, et furent arrêtés. Quelques-uns, enfin, se mirent à errer dans la Zone Jaune...

Deux ans après le passage des habitants de Cadann au poste-frontière, le GDI vint bâtir une Raffinerie non loin des ruines du village, et fut surpis de trouver des marques d'habitations humaines datant de seulement quelques mois, à quelques kilomètres de là : un foyer, depuis longtemps éteint, dans un abri de tôle croulant qui commençait à être recouvert par le Tibérium. A l'intérieur, un pistolet en plastique.

Link to comment
Share on other sites

Chapitre 2 : un monde hostile

Sept ans... Sept ans que ses parents avaient été condamnés à mort, et presque quatre ans qu'il survivait seul dans la Zone Jaune...

Sébastien se leva, et tailla une nouvelle croix avec son couteau sur le calandrier jauni et sale (et presque en lambeaux) qui lui restait ; chaque case comptait désormais sept croix.

Il avait oublié les rares jours heureux qu'il avait passé dans sa vie, mais il se souvenait du jour de leur mort et du jour où on les avait rejeté, et il ne les oublierait pas. Car il en était bien conscient : ce n'était pas le Tibérium qui avait tué ses parents, mais bien le GDI, en refusant de les acceuillir. Oui, il n'oublierait jamais, et un jour, il allait venger leur mort...

Sébastien sortit de ses sombres pensées et alla boire à la seule source non-contaminée de la région. Ce petit puit, à l'abri du vent (et donc des petites particules de Tibérium), assez éloignée des fissures et creusé dans une terre pauvre (et donc défavorable à la croissance du minerai), avait constitué son seul moyen de survie pendant ses longues années : il pouvait boire de cette eau sans risque, et les petits animaux assoiffés venaient aussi y boire de temps en temps, ce qui lui permettait parfois de capturer une souris, un mulot ou dans le meilleur des cas un gros rat, qu'il pouvait ensuite tuer pour manger. C'était ce puit qui l'avait poussé à construire sa cabane de bois et de tôle ici, au bord d'une ville en ruines, et il avait forgé son expérience de survie dans les alentours.

Il allait tremper ses mains en coupe dans l'eau quand quelque chose dedans attira son attention ... Il regarda plus attentivement l'eau, et remarqua de minuscules particules vertes qui se baladaient. Bientôt, l'eau commencerait à luire d'une faible lueur verte, et des algues difformes pousseraient dedans, il le savait. Son puit était contaminé. Il allait devoir trouver un autre moyen de subsistance...

Sébastien soupira. Il savait qu'il y avait un puit d'eau pure plus loin dans les ruines de la cité, mais il savait aussi que le GDI avait envoyé un module G330-X pour aider la population (comme si envoyer des blocs de métal où vivre enlèverait le problème de la nourriture et de l'eau !), et il savait aussi que des Rôdeurs mutants l'habitaient... Il espérait pouvoir boire à cette source aujourd'hui. Après, il verrait bien...

Il arriva au puit sans trop de problèmes, en évitant les champs de Tibérium et en traversant un désert de carcasses et d'immeubles effondrés. Il passa à côté du module de construction en faisant le moins de bruits possibles. Pas un signe de vie. Soulagé, il se dirigea vers le puit rapidement, vérifia si le puit n'était pas lui aussi contaminé, et commença à boire.

C'est alors qu'une main pataude le tira brutalement et le jeta à terre.

- Alors le mioche, on vient boire à notre puit ? lança le mutant.

- C'est pas bien, sale môme... Tes parents ne t'ont pas dis que le vol c'était mal ? dit le second, qui portait une mitrailleuse lourde.

- Mais ... Je voulais juste boire ! Pitié, j'ai très soif et...

- T'entends ça Boris ? Il a soif ! Mais qui n'a pas soif ici ?

- Tout le monde a soif, Jam, oui, tout le monde souffre ici... Et tout le monde essaye de nous voler, de nous faire du mal... Même les gamins commençent à se moquer de nous, de notre droit de vivre dans ce monde, de notre droit d'exister !

Tout en sortant sa tirade, il s'était rapproché ; sans prévenir, il donna un coup de pied dans le ventre de Sébastien.

- Le GDI nous a trahi, le Nod aussi, et le reste des humains à peur de nous ! Comment voulez-vous que l'on vive sachant que personne ne s'occupe de nous ? Ho, mais tu ne sais pas ce que c'est, ça, gamin, non, tu ne sais pas...

- Si, je le sais... Mes parents sont ...morts ...

- Oh ? Voyez-vous ça ! Tes parents sont morts, donc tu t'es dit que tu pouvais maintenant faire ce qu'ils t'avaient interdit de faire, c'est ça ? Tu les as abandonnés, comme tout le monde nous a abandonné, NOUS ! TRAÃŽTRE A TON PROPRE SANG ET A TA PROPRE RACE !

Et il le refrappa, dans les jambes cette fois. Bien qu'il fût en mauvaise posture, Sébastien commença à prendre en pitié ces exilés : ils avaient passé leur vie dans la Zone Jaune, et n'avaient aucun espoir de rejoindre un jour la civilisation ; ils étaient condamnés à vivre dans un module d'habitation laid et sordide, à trouver de quoi survivre dans les champs de Tibérium et les cités abandonnés. C'était le désespoir qui les rendait complètement fous.

- Et, Jam, on plus de viande dans la barraque... Tu crois qu'une carcasse d'humain ferait plaisir aux autres ? J'en ai jamais encore goûté...

- Il n'est pas trop tard pour essayer, héhé ...on l'embarque...

La pitié que Sébastien avait pour eux disparut d'un seul coup. Puisqu'il était à terre, il mit un coup dans les jambes du mutant armé, et se releva rapidement avant de commencer à courir.

Le mutant, plus surpris par le coup que blessé, mit son arme en place. Il commença à tirer quand Sébastien disparut derrière une carcasse. La voiture endommagée eut du mal à tenir le choc, et quelques balles passèrent à travers en sifflant au dessus de sa tête. Il continua à courir comme un dératé, motivé par les détonations et les cris inhumains qu'il entendait encore derrière lui. Quand il n'entendit plus rien, il se mit à l'abri derrière une carcasse et se reposa. Il ferma les yeux quelques instants ...et fut surpris, quand il les réouvrit, de voir une vingtaine d'humains – non-mutants, mais armés – en train de l'observer. L'un d'eux, qui semblait avoir à peine 20 ans, prit la parole :

- Salut mon p'tit gars. Pas trop de casse ? Quand on rencontre des Rôdeurs mutants, on s'en sort assez rarement, tu sais...

- Qui... Qui êtes-vous ?

- Nous sommes des bannis, des parias et des réfugiés pour la plupart, mais nous voulons devenir plus que cela.

- Plus...?

- Nous voulons rejoindre la Confrérie du Nod, combattre le GDI et son gouvernement d'inégalités, et établir un avenir radieux en utilisant le Tibérium pour augmenter notre niveau de vie, et pas le baisser comme ici dans les Zones Jaunes !

En entendant parler de combats contre le GDI, le sang de Sébastien ne fit qu'un tour :

- Je veux en être !

- Ahah, je me doute, tout les habitants de la Zone Jaune aiment bien le Nod – sauf les mutants et les débiles profonds, bien sûr ! (Il regarda Sébastien un instant, puis continua :) Bon, tu viens avec nous. Hé, les gars, on a un nouveau membre dans notre équipe de choc !

- Une bouche de plus à nourrir, tu veux dire, Marv' !

- Mais non ! protesta Sébastien, Je gagnerai mon pain ! Je suis agile et plutôt robuste ! Je sais utiliser toutes mes capacités, en tout cas assez pour avoir survécu ici pendant...

- Calme-toi et ne t'inquiètes pas, on te garde... Fais pas attention à ce que dis Garm, c'est le plus grincheux et le plus hargneux d'entre-nous. Entre-nous, si on ne l'a pas encore viré, c'est parce qu'il cuisine le rat à la per-fec-tion.

- Ferme ta grande gueule !

- Qu'est-ce que je disais ! Bon, allez la mauvaise troupe, on continue ! On trouvera bien un puit d'eau pur dans le secteur...

- Il y en a bien un, mais il est proche d'un taudis mutant !

- Tu vois Garm ? Il se rend déjà très utile... Ne t'inquiètes pas pour les mutants : ils n'oseront pas s'attaquer à un aussi grand groupe – à moins qu´ils ne soient toute une armée, bien sûr !

C'est ainsi que Sébastien fut intégré à ce groupe de parias.

Il passa une bonne semaine avec eux, et il apprit beaucoup de choses à leur contact : le maniement du pistolet avec Marv' et les quelques balles à blanc qui restaient au groupe ( “ Gaspillage ! ” cria alors Garm), les différentes manières d'utiliser un couteau sous la tutelle de Franck, (“ Perte de temps ! ”), des techniques de chasses qu'il ne maîtrisait pas auparavant grâce à Rappy “ Chasse-tout ” (“ Le plus stupide des rats saurait faire ça, et tu ne savais pas le faire ? ”), et même à cuisiner un peu avec Garm ...qui ne trouva rien à redire sur l'(in)utilité de cet apprentissage, cette fois-ci. Le groupe fonctionnait plutôt bien ; tout le monde travaillait pour le bien commun, et ceux qui ne chassaient ou ceuillaient pas fouillaient les maisons abandonnés pour trouver des choses utiles : des médicaments, de la nourriture (anciennement) surgelée, des outils, et plus rarement, des armes. Au soir, Marvin – le chef du groupe – distribuait les tours de garde, et la majorité des réprouvés s'endormait sous la protection des autres (qui passaient plus de temps à dicuter autour du feu qu'à surveiller rééllement...).

Le soleil venait de se lever sur la ville abandonnée, et le groupe avec lui. Alors que les parias se lavaient grossièrement ou buvaient un coup avant de repartir en quête de la base du Nod, ils entendirent des gens marcher au pas. Instinctivement, tout le monde cessa ce qu'il faisait, et se mit à écouter. Marv' colla son oreille contre le sol :

- Ils sont 10. Nan, 12. Il y a un truc plus gros que les autres apparemment ...ce sont peut-être des mutants, alors tous en formation ! dit-il.

Tous commençèrent à se cacher à peu près et à pointer son arme vers l'origine du son. Une patrouille du GDI menée par un Exosoldat apparut alors sur le sommet de la colline.

- Baissez vos armes...

- Mais... C'est le GDI ! Ce sont des salauds ! dit Garm en soulevant sa kalashnikov.

- Des salauds, mais des salauds bien armés... On est pas de taille, alors range ça et fais pas le con, Garm !

Les soldats GDIstes arrivèrent, bien protégés grâce à leurs armures. L'armure de l'Exosoldat, épaisse et légère à la fois grâce aux servomoteurs intégrés, miroitait au soleil.

Celui-ci prit la parole :

- Qu'est-ce que vous foutez là ? Indentifiez-vous !

- Nous sommes des réfugiés, et, euh...

-Et, mais attends, j'te reconnais toi... l'interrompit le Zone-Trooper.

Il regardait Sébastien. Il enleva son casque, pour mieux voir, et Sébastien le reconnut aussi. Lui...

- Mais oui, tu es l'un des... Mince alors...

Son oeil torve brillait sous les pâles rayons du soleil, et Sébastien revit pour la première fois depuis 7 ans l'homme qui les avait condamnés, lui et ses parents. L'ancien Sergent du poste-frontière le regardait. Il se jura que cet homme-là ne passerait pas la prochaine nuit ...même s'il ne savait comment lui faire payer pour le moment !

Link to comment
Share on other sites

Chapitre 3 : La Confrérie du Nod

- Et, mais attends, j'te reconnais toi ... Mais oui, tu es l'un des... Mince alors... Le gamin de réfugiés, là... Je...

Il n'eut pas le temps de finir. Garm cria “ MORT AU GDI ! ” avant de tirer une rafale de AK-47 en plein torse de l'ancien Sergent ...qui ne broncha même pas, protégé par sa lourde cuirasse. Ce dernier se reprit presque instantanément, et cria “ En formation ! ” avant de plonger derrière l'abri d'une carcasse en abandonnant son casque à terre. Puis, il tira de son fusil EM sur Garm, qui prit feu et s'écroula...

Tout le monde se mit à couvert, et commença à tirer à l'aveuglette depuis leurs cachettes respectives, mais après Garm, Rappy y passa, puis Franck, puis un autre paria, alors qu'aucun GDIste n'était mort. Le canon EM perçait les cosses des véhicules, et la bataille commençait à sentir mauvais pour les Parias. Marv' accroupi à côté de Sébastien derrière un bâtiment effondré, murmura pour lui-même :

- On va tous y passer à cause de la connerie profonde de Garm... Merde, merde, MERDE !

Soudain, une grenade de forme bizarre, lancée de derrière une carcasse, atterrit du côté des soldats du GDI. Un gaz vert en sortit, et dans la fumée, les parias purent voir des silhouettes s'entre-tuer. Mais il y avait beaucoup plus de silhouettes que de GDIstes au début du combat... On distingua même quelques flammes dans ce brouillard, avant d'entendre un cri plus terrifiant que les autres – et de voir un soldat brûlé en sortir.

La fumée commença à se dissiper, et ils virent le Zone-Trooper désarmé sortir de cet enfer vert en courant, poursuivi par des ombres... Il trébucha juste devant la cachette de Sébastien, et le regarda, l'air horrifié.

- Non ! Je...

Mais l'occasion était trop belle. Après un instant d'hésitation, l'adrénaline et la soif de vengeance prirent le dessus. Il tendit le pistolet qu'on lui avait donné, et interrompit le soldat :

- N'allez pas plus loin : y'a plus de place.

Et il tira entre les deux yeux de l'ex-Sergent, qui s'effondra pour de bon.

Les Parias sortirent de leur cachette, et allèrent rejoindre les guerriers qui les avaient sauvé de la bêtise de Garm. Sébastien, lui, était content d'avoir vengé sa famille, mais il sentait toujours bouillonner cette rage, cette fureur en lui. Aussi, c'est avec un goût de sang dans la bouche qu'il prit la parole :

- Merci beaucoup, mais ...Qui êtes-vous ?

Un homme en armure d'un noir d'ébène, qui portait un lance-flammes, rit un moment. Il avait au milieu de la poitrine un logo triangulaire représentant une queue de scorpion noire sur fond rouge, et ses larges épaulières lui donnaient une carrure plus impressionante que les autres soldats. Il prit la parole :

- Pas super perspicace, ce gamin. Je suis un serviteur de Kane et du Nod, comme tous mes confrères ici présents. Nous sommes en mission pour le messie, mais nous ne pouvions pas vous laisser aux prises avec ces salopards du GDI... Alors on a décidé d'intervenir.

- En tout cas, merci beaucoup de votre aide ! reprit Marv'. Euh, sauf votre respect, nous étions justement en route vers votre base : nous voulons servir Kane et le bien commun nous aussi... Nous ne sommes qu'une vingtaine – enfin, une quinzaine maintenant – de rejetés, mais nous voulons servir à quelque chose, quitte à mourir pour ça.

- Hum... Dans ce cas, je vais devoir changer mes plans. Je n'aime pas beaucoup ça, mais je n'ai pas le choix : vous n'atteindrez pas la base sans une escorte appropriée. Ca grouille de mutants dans le coin... Les hommes que vous voyez derrière-moi étaient sensé m'aider à exterminer une petite armée de ces déchus, mais je pense que je vais devoir vous escorter avant de continuer. Les gars, on a des nouvelles recrues à ramener à la Main du Nod, alors on fait demi-tour !

- Chef, oui chef ! dirent les soldats fanatiques à l'unisson.

- Mais... On a pas accompli la mission que nous avait donné le messie, et on a marché presque deux jours pour arriver ici ! protesta l'un des militants.

- Quand j'aurai besoin de votre avis, militant, je vous sonnerai. En attendant, c'est moi qui commande, car Kane a placé sa confiance en moi, et j'ai décidé que nous retournions à la base. Est-ce clair ?

- Oui... Chef...

- C'est mieux. Allez, en route, mauvaise troupe !

Tout le monde se mit en marche vers la direction d'où venaient les Noddies, et les nouvelles recrues du Nod furent encadrés par des hommes en armures noires, et des hommes quasi-désarmés. Sébastien, intrigué par tout ça, se rapprocha de Marv' et lui demanda en chuchotant :

- Pourquoi certains ont des armures et des bons fusils alors que d'autres sous-équipés ?

- Le Nod est connu comme étant une organisation terroriste, et pas comme les défenseurs de la paix et de la liberté qu'ils sont ; personne ne les soutient, et ils ont donc assez peu de fonds pour l'équipement... Ils équipent donc comme ils peuvent leurs fantassins.

- Oui, mais ils pourraient au moins partager l'équipement équitablement ! C'est une confrérie, ils pourraient faire ça de manière plus juste, avec un même équipement pour chaque frère, non ?

- Encore une fois, le Nod agit en économiste : à quoi sert de donner une armure à quelqu'un qui va peut-être fuir au premier combat, ou rejoindre l'ennemi, ou qui ne sait pas combattre...? Ils ne donnent des armures complètes qu'aux gens qui ont prouvé leur valeur, ce qui augmente d'autant les chances de survie des plus valeureux.

- Je vois... Et le gars en armure lourde ? C'est le chef, ça j'ai compris, mais il a quoi comme grade ?

- Je ne suis pas sûr... Mais vues les réactions des soldats, je pense qu'il est assez haut dans la hiérarchie... Peut-être un membre de la Main noire...

- La Main noire ?

- Les Commandos d'élite au service de Kane. Ils sont réputés pour être les meilleurs fantassins de toute la planète. C'est la crème de la crème, l'élite du Nod ; ce sont les meilleurs de tous. Être au promu au rang de Commando de la Main noire est l'un des plus grands honneurs que puisse faire la Confrérie. En fait, un seul autre honneur dépasse tout cela : l'admission dans le Cercle interne de Kane.

- Mais comment tu sais tout ça sur le Nod ? On dirait presque que tu es né dans la Confrérie !

Marv' s'arrêta quelques instants, puis reprit avec le regard un peu dans le vague :

- J'ai été élevé par mon grand frère, Vadius, à partir du moment où mes parents sont morts. Il a 4 ans, il m'a laissé sous la garde d'un de ses amis pour rejoindre le Nod. Il m'envoyait de ses nouvelles tous les mois, et il a laissé filtrer quelques infos comme ça... Il savait que de toute manière, j'le trahirai pas. Il y a 6 mois, la lettre que j'ai reçu a été plus dure à encaisser. C'était son Capitaine qui me disait que Vad' était mort au front. Ils sont tombés dans une embuscade du GDI et sont tombés sous le nombre. Ils n'ont rien pu faire... C'est pour ça que je veux rejoindre le Nod. J'ai une vengeance à accomplir ...comme toi.

Il sourit. Sébastien se rendit compte qu'il avait énormement de points communs avec Marv' :comme lui, il était orphelin et il avait comme lui de bonnes raisons de combattre le GDI... Il lui rendit son sourire. Puis ils commençèrent à discuter de sujets moins sérieux, toujours escortés par les braves partisans du Nod.

***

Ils passèrent la nuit dans un hangar désaffecté, dans un village abandonné mais pas encore contaminé. Les anciens parias étant épuisés, ce sont les soldats du Nod qui prirent les tours de garde, autour du feu de camp à l'entrée du hangar. Sébastien resta éveillé un moment, et remarqua l'esprit de franche camaraderie qu'il y avait entre ces hommes : ils passaient leur temps en discutant et en se lançant des piques amicales, et on sentait que le mot “ Confrérie ” n'était pas vain pour eux ; s'ils n'étaient pas des frères de sang, ils étaient frères de par leur foi commune en l'avenir radieux que promettait Kane.

Après avoir trouvé un ancien puit non-contaminé dans les ruines de la cité et remplit ses provisions d'eau pure, le groupe se remit en marche. Ils sortirent de la ville abandonnée avant midi, et évitèrent plusieurs champs de Tibérium en faisant de larges détours. Ils arrivaient dans les ruines d'une autre ville quand le chef du groupe prit la parole :

- Nous arrivons près de la base, mais il y a quelque chose qui ne va pas : en principe, des sentinelles auraient du nous arrêter ici. C'est un trop calme... Jaris, va fouiller cette barraque. Binzo, prend celle-là.

Deux soldats s'approchèrent des maisons désignées avec prudence, avant d'y rentrer. Ils ressortirent en courant une trentaine de secondes plus tard :

- Il faut se dépêcher, chef ! Les sentinelles ont été neutralisées pendant leur sommeil !

- Et merde ! Les mutants n'étaient pas aussi loin qu'ils le pensaient, apparemment... Mais pourquoi on ne les a pas croisé ?!? Bon, on verra ça plus tard, suivez-moi tout le monde ! Finit-il, avant de commencer à courir à une vitesse impressionnante vu le poids du lance-flammes qu'il portait. Tout le monde le suivit à travers les rues sordides, et au moment où il disparaissait dans un coin de rue, ils commençèrent à entendre les cris et les bruits d'explosion... Ils arrivèrent avec environ dix secondes de retard sur le Commando, et celui-ci avait déjà fait un grand massacre parmi les mutants qui attaquaient la base, à grands coups de napalm enflammé. Les mutants, qui avaient pris position autour de la petite base du Nod et qui commençaient à faire feu de leurs mitrailleuses lourdes pour réduire en charpie tout ce qui en sortait, furent surpris et décimés par le Commando de la Main noire, qui leur appris la véritable définition de “ brasier ardent ”. Les retardataires eurent à peine le temps de tirer quelques cartouches que les mutants étaient déjà presque tous morts ou agonisants. Les militants et soldats achevèrent les derniers Rôdeurs, tandis que les dernières flammes disparaissaient. Quelques secondes après la fin de la bataille, le Commando se retourna et rigola :

- C'est à cette heure-ci que vous arrivez ? Vous avez loupé la meilleure partie : le barbecue...! Bon, assez plaisanté. Jaris et Alf, allez vérifier s'ils n'ont pas eu le temps de faire trop de dégâts. Binzo, achève les survivants hérétiques et organise les secours. Chers confrères militants, je ne vous retiens plus, vous pouvez retourner à vos quartiers. Quand à vous, messieurs, bienvenue dans la Confrérie. Je vais demander à quelqu'un de vous montrer où poser vos affaires...

Le soldat Jaris revint en courant de la Main du Nod :

- Chef... Il y a une grande perte de notre côté : le capitaine Blass est mort, ainsi que 3 militants. Aucun blessé grave. On dirait que vous êtes le nouveau chef de cette base, chef !

- Hum. C'est regretable mais c'est ainsi. Si Kane le veut, Blass trouvera lui aussi la vie dans la mort...

Il se tourna vers Sébastien, Marv' et les autres nouvelles recrues, et continua :

- En tant que chef temporaire de ce campement, je vais devoir diriger votre entraînement. J'espère pour vous que l'entraînement intensif est votre dada, parce que sinon vous allez en baver... Si vous voulez aider efficacement la Confrérie, il va falloir nous prouvez que vous savez vous battre ! Jaris, puisque tu es là, montre leur là où ils doivent se coucher. Moi, je vais me reposer dans mes nouveaux quartiers...

Le nouveau chef du camp repartit en direction de la Main du Nod, et fut très vite imité par les nouvelles recrues et Jaris. Quand ils rentrèrent dans le bâtiment, Sébastien se surprit à songer : “ Il a la classe ce Commando ... ”.

Link to comment
Share on other sites

Chapitre 4 : Au nom de Kane !

Sébastien s'était couché tard ; on lui avait fait visiter toutes les pièces du barraquement – “ La Main du Nod ”, comme ils l'appellaient – et il avait dû préparer sa chambre et ses affaires avant de s'endormir. Le lit n'était pas très confortable, mais il l'était assez pour qu'il ait envie d'y rester un bon moment ...aussi fut-il déçu quand, vers 6h du matin, un haut-parleur se mit à mugir :

- Debouts, enfants du Nod ! Une nouvelle journée d'entraînement se profile à l'horizon, et si j'étais vous, je me dépécherai de m'habiller et de déjeuner : nous venons de recevoir un stock de munitions ...et de cibles ! Allez, j'veux voir du mouvement !

Sébastien se leva difficilement. Sa première journée allait être rude, il le sentait bien...

Il s'habilla et se dirigea mollement vers le réfectoire. En chemin, il croisa Marv', en pleine discussion avec Jaris, un des soldats qui les avait escorté. Quand Marv' vit Sébatien, il sourit et s'écria :

- Hey ! Revoilà le jeunôt ! Tu viens pour la popotte ? Jaris était justement en train de me donner le menu...

- J'ai juste dis que quel que soit le rang, tout le monde mangeait de la merde ! dit ce-dernier en riant, avant de continuer : C'est un des désavantages de faire partie d'une société de “ terroristes ” ...mais l'Ascension vaut bien ça ! Bon, faudrait peut-être y aller là... Le Lieutenant aime pas trop les retardataires à l'entraînement, et j'ai envie de manger quand même !

Ils arrivèrent donc dans la grand-salle, ou tous les soldats, les militants, et même, à la surprise de Sébastien, les quelques officiers mangeaient à la même grande table. Ce-dernier continua à regarder les gens de plus haut-rang alors qu'on servait une immonde mixture dans son assiette. A peine fut-il assis à côté des deux autres qu'il fit une remarque :

- Je ne pensais pas que les officiers se rabaissaient à manger à la table des simples militants...

- Ils sont passés par là, ils savent ce que c'est que d'être trouffion, dit Jaris. En plus, personne ici n'est là pour te rappeller ton rang. La Confrérie efface toute trace de ton origine sociale : que tu sois d'origine riche ou paysanne, commandant ou balayeur, on s'en fout : tu es un frère comme les autres !

- Et un frère qui va mourir de faim s'il ne commence pas son ragoût ! continua Marv' avec le sourire.

Sébastien rit, puis goûta à l'infâme bouillie en continuant à discuter avec ses deux camarades.

Ils arrivèrent ensemble à l'entraînement ; ils rentrèrent dans la salle et s'alignèrent avec les autres, devant un long stand de tir, où les cibles (représentant des soldats du GDI dans leur position d'assaut) étaient placées à des distances différentes. D'autres soldats et militants rentrèrent au compte-goutte, jusqu'à l'arrivée du nouveau chef des lieux. Bien que moins impressionnant sans sa cuirasse noire et son lance-flammes, le Commando de la Main noire inspirait de la crainte : son regard gris acier, ses cheveux poivre et sel coupés au carré, sa carrure et surtout l'énorme Desert Eagle qu'il avait à la ceinture aurait dissuadé n'importe quel homme doué d'un peu de jugotte de ne pas se frotter à ce soldat endurci.

- Bonjour à tous. Je suis le Lieutenant Duncan, Commando de la Main noire du Nod et fidèle serviteur de Kane, mais vous m'appellerez entre-vous “ le Commando ” ou “ l'autre chieur ”, j'en suis presque sûr. Comme tout le sait le sait déjà, je suppose, Blass est mort, ce qui fait de moi le plus haut-gradé de ce camp – et donc, votre supérieur. C'est clair dans l'esprit de tout le monde ?

Tous les soldats du Nod et quelques militants s'écrièrent : “ Oui, chef ! ”, imités avec un peu de retard par tout le reste. Le Commando fronça un peu les sourcils mais continua :

- Bien. Vous devez aussi savoir que nous avons acceuilli une quinzaine de bleus. Je souhaite la bienvenue à nos nouveaux frères, mais je les mets en garde aussi : ils ne seront pas mieux traités que le reste parce qu'ils sont nouveaux. Au contraire, je vais plutôt vous en fare baver au début, histoire de voir ce que vous avez dans le ventre. Est-ce que ça aussi, c'est clair pour tout le monde ?

Cette fois, tout le monde cria “ Oui, chef ! ” avec un ensemble étonnant.

- Excellent. Programme d'aujourd'hui : tir sur cibles, immobiles ou non selon le niveau de chacun. Exceptionnellement, je reste ici tout l'entraînement, histoire de voir le niveau des nouveaux. Que tout le monde vienne prendre le fusil de son choix derrière-moi et se place devant la cible correspondante !

Les soldats prirent leur arme réglementaire, un fusil d'assaut M-16 Mk.II, tandis que les militants piochaient dans les pistolets mitrailleurs, les fusils de sniper et autres armes obtenus par contrebande. Marv' choisit un AK-47, et Sébastien un fusil à lunette. Ils allèrent tous se placer devant les cibles correspondant à leurs armes. Sébastien observa le stand : des boutons, un compteur affichant 0 et des informations techniques sur son SVD “ Dragunov ” étaient notées sur sa droite, tandis qu'une reserve de munitions se tenait sur sa gauche. Le sous-lieutenant se rapprocha de lui et commença à parler.

- Pourquoi avez-vous choisi ce fusil ?

- Je ...je ne sais pas trop, chef. Donner la mort de loin tout en restant caché me paraît ...excitant. Chef.

- Vous vous êtes déjà servi d'une telle arme ?

- Non, chef.

- Hum... Je vous laisse faire, on va bien voir.

Cela lui vint presque tout de suite : il mit la crosse contre son épaule gauche, pointa le fusil contre la cible et plaça son oeil devant la lunette, tout en reculant un peu son pied gauche. Le Commando eu l'air un peu surpris, mais le plus surpris était Sébastien : il n'avait jamais touché à un fusil de sniper de sa vie, mais il avait compris la position à prendre intuitivement.

- Très bien ...! Maintenant, placez une balle dans le coeur ou la tête de la cible !

Il visa la tête. Il maintint quelques secondes sa position avant de tirer. Le recul le surprit légèrement, mais il garda l'équilibre ; la balle se logea au milieu du casque dessiné de la cible. Le compteur de points passa à 50.

- Hey, pas mal du tout pour une bleusaille ! Je pense qu'une place de tireur d'élite de la Confrérie vous conviendrait parfaitement – pour le moment... Une cible simple est apparemment trop facile à atteindre pour vous. Passez aux cibles mouvantes. Votre nom, militant ?

- Sébastien Calahan, chef.

- Nous nous reverrons bientôt, monsieur Calahan. En attendant, je veux un score parfait pour cette session !

Après quelques nouveaux tirs où il toucha souvent le coeur et la tête, il entendit Marv' dire “ Marvin Garyn, au rapport, chef ”. Curieux de savoir ce qui se disait sur son ami, Sébastien tendit un peu l'oreille ...

- ...votre session de tir me paraît excellente, militant. Ca fait longtemps que vous savez tirer ?

- 4 ans, chef. Et j'ai eu de nombreuses occasions de m'entraîner – même si j'aurais préféré tirer sur des GDIstes. Euh ...excusez-moi chef, c'est...

- C'est rien. Beaucoup de gens ici n'aiment pas le GDI ...il faut dire que notre messie ne les porte pas dans son coeur non plus. En temps utile, cette colère vous servira... Reprenez votre entraînement, monsieur Garyn.

- Bien, chef !

Sébastien était un peu honteux d'avoir surpris cette conversation, mais il était aussi interessé par ce qu'avait dit Duncan ... En temps utile, cette colère vous servira ...Il continua à viser, tirer, recharger, viser, tirer, jusqu'à-ce que la sirène qui annonçait le repas de midi. Avant de partir, il rangea son arme dans la caisse où il l'avait prise, puis rergarda son compteur : il indiquait 1968.

***

Sébastien déjeuna avec Marv' et Jaris dans la salle commune, mais ce dernier les quitta après : les soldats et les simples militants n'avaient pas les mêmes ordres l'après-midi. Il se dirigea donc vers la salle de briefing, tandis que Sébastien et Marv' allaient vers ce que les autres appellaient “ la chapelle ”... Il entrèrent et prirent place sur les bancs de la salle circulaire. La pièce baignait dans lumière rouge tamisée, et possédait des piliers qui se disposaient à intervalles reguliers. Une sorte d'autel se dressait entre deux de ces piliers, devant une statue représentant une personne chauve avec une courte barbe... Il y avait une inscription en lettres dorées sous la statue : Kane vit dans la mort. Soudain, un homme habillé d'une robe noire sortit de l'ombre. Il ne paraissait pas très musclé, ni particulièrement beau, mais il dégageait une sorte d'aura mystique, qui le rendait particulièrement charismatique.

- Bonjour à vous, fils du Nod. Je suis le Confesseur Trust, et je suis ici pour vous montrer la voie de l'Ascension. Pour certains d'entre-vous, le Nod apparaît comme une secte d'illuminés ; pour d'autre, comme une organisation terroriste. En vérité, la Confrérie est beaucoup plus que cela : nous sommes des élus, réunis pour la réalisation d'une vision, d'un objectif : celui de Kane. Comme il y a des nouveaux parmi-nous, je vais raconter une fois de plus toutes les bases du fondement de notre religion ; cela permettra aussi aux anciens de se rappeller pour quelles valeurs le Nod combat...

Trust passa l'après-midi, puis la soirée à expliquer sa religion aux nouveaux frères du Nod : les origines de Kane, premier meurtrier, mais aussi premier opprimé ; sa faculté de revenir d'entre les morts, et ses prophéties sur l'apparition du Tibérium et l'Ascension ; le développement de la Technologie de la Paix et de la Confrérie, en passant par les origines de la Main noire ; la longue lutte entre le GDI et le Nod pour le contrôle du Tacitus ; les bienfaits de la technologie apportée il y a quelques temps par les Scrins, aujourd'hui déjà oubliée ; l'arrivée, il y a peu, des Scrins eux-même sur la planète, preuve que la vision de Kane approchait de sa réalisation ; enfin, il finit par l'importance de la foi.

- Kane nous promet une nouvelle vie grâce au Tibérium, le minerai divin. Certains pensent que c'est juste un symbole, une image pour signifier tout ce que la Technologie de la Paix peut apporter ; je crois personnellement au plus profond de moi que l'Humanité sera transformée – purifiée – par le cristal vert, et c'est cette foi qui me donne la force de combattre, en plus de ma volonté d'aider les opprimés !

Après une pause, il continua :

- Des questions ?

Sébastien leva la main :

- Monsieur ...euh, votre Sainteté...

- Seul Kane est saint ; appellez-moi juste frère Trust, ou Confesseur.

- Bien. Frère Trust, si le Tibérium est sensé nous purifier, pourquoi est-il mortel ? Et pourquoi change-t-il certains en monstres hideux ?

- Très bonne question. Et bien, en effet, pour le moment, le cristal ne peut nous mener à l'Ascension. Pourquoi ? Parce que l'humanité n'est tout simplement pas prête à changer aussi radicalement. Il nous faut d'abord tenter de nous rapprocher le plus possible de la pureté avant de nous Elever ; et le meilleur moyen de nous purifier est de nous débarrasser de toutes les parties impures de l'humanité. Le GDI, avec son gouvernement fasciste ne laissant de la place qu'aux plus riches, et même les mutants, qui ne sont que des brouillons de ce que nous serons une fois l'Ascension atteinte, doivent être éradiqués de la surface de la Terre avant que nous ne soyons dignes. Est-ce que cela vous éclaire, mon frère ?

- Oui, Confesseur ; merci.

- Alors, s'il n'y a pas d'autres questions, allez tous en paix – au nom de Kane !

Sébastien était un peu boulversé par tout ce qu'il venait d'entendre ; sa vision du monde changeait, et sa conscience se réorganisait, cherchant un point de repère. Le seul point commun entre son ancienne vie, celle où il n'était qu'un enfant sans but, et sa nouvelle vie dans la Confrérie était sa haine envers le GDI. Et maintenant, il avait de nouvelles raisons de vouloir leur destruction... Quand il sortit de la chapelle, il n'avait plus de doutes : sa foi en l'Ascension l'aiderait à traverser toutes les épreuves, et si Kane le voulait et s'il servait bien le Nod, sa place dans le paradis terrestre tibérien lui serait accordé...

Sébastien suivit Marv' à la salle commune pour manger un morceau ; ils étaient tous les deux trop fatigués pour discuter ; après le repas, ils se souhaitèrent juste bonne nuit avant d'aller vers leurs quartiers pour s'endormir.

Vers 6h, le haut-parleur rugit : “ Debout là-dedans ! Je veux voir un certain nombre de personnes après le petit-déjeuner ; les personnes concernées devront me rejoindre devant la salle de briefing, et je ne veux pas un retardataire, alors grouillez-vous ! ”

Sébastien se redressa sur son lit et s'exclama plutôt :

- Mais quel chieur celui-là...

Il s'habilla rapidement, sortit... et tomba nez-à-nez avec un soldat en armure, mais sans casque. Avec le sourire, le soldat prit la parole :

- J'ai un message du sous-lieutenant pour vous... Il a apparemment besoin de vous pour une mission après le petit-déj', et vous êtes concerné par ce qu'il a dit tout-à-l'heure. Et un conseil : évitez de crier la prochaine fois que vous parlez de lui en termes désobligeants ...je dirais rien parce que je suis assez cool là-dessus, mais y'a des gens qui se sont fait executés pour moins que ça...! Bon, c'est pas tout ça mais j'ai d'autres personnes à réveiller, alors salut – et bonne chance !

Il se dirigea vers une autre chambre, ouvrit la porte et la referma derrière-lui. Sébastien partit prendre sa bouillie matinale, une sensation désagréable à l'estomac... En chemin, il croisa Marv'. Celui-ci lui demanda tout de suite :

- T'es convoqué aussi ?

- Ouais.

- Tu sais pas non plus pourquoi ?

- Non plus. Mais j'ai un mauvais présentiment...

Ils déjeunèrent dans un silence inhabituel. Apparemment, beaucoup étaient inquiets de savoir ce que Duncan leur voulait... Une fois le déjeuner fini, Marv' et Sébastien allèrent devant la salle de briefing où une vingtaine de militants attendaient déjà. D'autres arrivèrent ensuite ; certains militants s'étaient mis en armure légère avant de venir. Ils étaient 37 au total quand le Commando sortit juste la tête de la salle et dit “ Rentrez et installez-vous ...en silence. ”. Ils obéirent tous : ils avaient trop peur de la nouvelle qui allait être annoncée pour pouvoir parler. Que se passait-il au juste ? Après quelques secondes passées à regarder la maquette de la ville où nous nous trouvions, où l'on distinguait bien immeubles, petites maisons et bâtiments de la base du Nod, le Commando commença à parler :

- J'imagine que vous vous demandez tous pourquoi vous êtes convoqués. Et bien arrêtez de vous le demander : Kane a une mission à vous confier, et je sers d'intermédiaire. J'espère que vous voyez tous l'honneur que vous fait Kane en vous accordant sa confiance. Personnellement, je trouve son choix un peu risqué, mais je n'ai pas à contredire le messie. S'il désire mettre des débutants sur cette affaire, que Sa volonté soit faite.

Il les regarda tous, un long moment, il continua :

-Si vous avez été choisis pour cette mission, c'est parce qu'il pense que vous avez les qualités nécessaires pour la mener à bien, bien que ce soit la première mission pour certains. Arrêtons de tourner autour du pot : les soldats Alf, Jaris, et Marz, ainsi que les militants Buck, Luis, Nadar, Shasoke et Vann sont tombés, hier. Leur mission au cours de l'après-midi était d'arrêter une petite patrouille du GDI, qui se rapprochait trop de nos positions ; on ne sait pas comment ou pourquoi, mais ils sont tous morts. Les soldats étaient sensés initier les militants, mais l'ennemi devait être plus nombreux que prévu... Votre nouvelle mission est donc de reprendre là où nos fidèles soldats ont échoué : massacrez ces infâmes partisans du GDI avant qu'ils ne repèrent ce camp. Vous êtes les plus capables de tous nos militants, et si la foi envers Kane ne vous manque pas, vous réussirez. La Paix par le Pouvoir !

Le choc de l'annonce de la mort de Jaris passé, c'est d'une voix déterminée que Sébastien servit de porte-parole des militants :

- Nous réussirons, au nom du Nod ...et au nom de Kane !

Link to comment
Share on other sites

Join the conversation

You can post now and register later. If you have an account, sign in now to post with your account.

Guest
Reply to this topic...

×   Pasted as rich text.   Paste as plain text instead

  Only 75 emoji are allowed.

×   Your link has been automatically embedded.   Display as a link instead

×   Your previous content has been restored.   Clear editor

×   You cannot paste images directly. Upload or insert images from URL.

×
×
  • Create New...